Catégorie : Culture

7 août 2014

Celui qui lit sur une liseuse n’est pas un lecteur authentique

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« Je suis une fille de papier, roulée dans le papyrus, je hume la feuille, je la sens fléchir sous mes doigts, le plaisir tactile fait partie de mes sens les plus aiguisés.

Toucher un livre et je suis comblée. »

 

Il y a deux ans encore, j’avais ce genre de discours, complètement obnubilée par le pouvoir du papier sur mon psychisme, une droguée de l’écrit, du ressenti, de la matière.

Quand j’ai découvert les liseuses, j’ai d’abord eu un mouvement de recul, une pulsion de vie qui m’empêchait de me pencher sur le sujet, un désintérêt qui s’est vite mué en complète fascination, j’ai la volonté d’une gosse quand je veux.

J’ai mis un an à me décider à acheter ma kobo, je me sentais comme une chrétienne qui vient de commettre un péché, un ver dans une pomme, une verrue sur un pied, je pensais que d’une manière ou d’une autre j’allais tuer le papier.

 

A l’époque, les premiers jours se sont bien passés, j’avais une sorte d’engouement progressif qui s’est transformé en addiction, je sortais ma liseuse au moindre arrêt de bus, en attendant le train, mes mains glacées dans les gants la buée dirigée vers l’écran, je restais dans ma bulle sur un bout de quai.

Puis, une fois mon « stock d’e-books » fini, j’ai été confrontée à la plate-forme de vente d’epub. Qui dit plate-forme dit lieu sans personne pour te conseiller, pas de libraire, pas de discussion autour des romans, beaux-livres, pas de tergiversation dans les rayons.

 

J’ai eu ma première déception avec la Fnac, ayant acheté leur appareil pour spécifiquement disposer de leur bibliothèque en ligne, je me suis vue refuser l’accès parce que « les résidents belges n’ont droit qu’au catalogue kobobooks ».

J’ai mis des mois à digérer l’entourloupe, en choisissant de méthodes alternatives pour faire un pied de nez au système. Cliente oui, mais pas pigeonne, le site kobo n’offrait qu’un choix réduit, et à l’heure d’aujourd’hui, sa fonction recherche est toujours aussi bancale qu’à ses débuts, rédhibitoire.

 

Avec le temps, mon avis sur le sujet devenait un argumentaire à la faveur de l’objet quand j’essayais de convaincre quelqu’un du bien fondé de ce nouveau-né dans l’univers culturel européen.
Un petit bout de plastique, plus esthétique et pratique que nostalgique qui était devenu, en quelques jours seulement, mon compagnon de banc public.

 

Une petite technologie pratique qui a abattu mes idées reçues une à une 

  • tu perds tout plaisir sans papier à froisser : ça dépend des points de vue, je trouve qu’à force d’avoir pu personnaliser la typographie et l’interligne, j’ai entre les mains un écrit qui se lit plus facilement parce que je lui ai donné une forme plus personnelle. Donc le confort apporte une autre dimension.
  • au fond, ça revient au même que de lire sur une tablette : NON QUOI, une liseuse n’a rien à voir avec une tablette, l’e-ink ressemble énormément à l’encre papier, pas d’écran qui brille (sauf pour certains nouveaux modèles) et pas d’autonomie en berne après 3h. On oublie le net on se focalise sur le récit, pas de « bip » ou de « tuut » qui t’interrompent toutes les deux minutes, sans compter que la lumière bleue des appareils connectés éveille quand la liseuse n’influe pas sur le sommeil
  • je trouve ça cher pour ce que c’est : ça dépend ça dépasse, si tu lis un livre par an, sûr que tu n’es pas le bon public, mais si, comme moi, tu en lis au moins un à deux par mois, voire plus, l’engin pourrait très bien te servir
  • on ne peut pas annoter, gribouiller des infos dedans : en fait si, tu peux le faire directement sur une liseuse, même marquer des pages
  • un livre ne meurt jamais : en réalités, les écrits ne meurent jamais, les bouquins, eux, finissent par pourrir, sentir le vieux grenier, vieillir tout simplement
  • la technologie tue la nostalgie : la nostalgie reste ce mouvement régressif qui nous retient vers l’arrière quand on tente d’avancer. Il faut savoir manger les madeleines de Proust et ne garder que les plus précieuses, une fleur vaut mieux qu’un bouquet tu sais

 

Les gens sont effrayés, pensent que le livre électronique annonce la mort du livre papier (hum), alors que finalement, même en étant une addicte de ma liseuse, je n’arrête pas pour autant mon achat de bouquins physiques.

Pour le plaisir de remplir ma bibliothèque, d’avoir des collections complètes, de posséder l’oeuvre d’un auteur, de se rappeler en un coup d’oeil, je suis née dans une bassine remplie de journaux, j’ai de l’encre sur les doigts et le parfum d’une imprimerie qui me colle aux naseaux.

 

Je n’oublie pas d’où je viens, et je pense contribuer au partage des paroles d’un écrivain quand je conseille une lecture à un ami, quand je glisse dans une conversation qu’il y a des auteurs à découvrir.

Je suis une lectrice sur liseuse pourtant je ne me considère pas comme une dissidente dans le monde littéraire, je me cultive, d’une manière plus nomade, plus rapide, plus pratique, mais JE LIS.

 

Au fond, la nouveauté divise toujours, mais dans le débat électronique versus papier, est-ce que quelqu’un a pensé à ne parler que du récit commun aux deux supports ?

C’est l’histoire qui importe, le reste se lie aux souvenirs d’une époque dont on vient, où le tout papier avait ses droits.
Je préfère me dire que je suis la lectrice d’une période transitoire, vu que dans 30 ou 40 ans, nous lirons sûrement la majorité des contenus sur des supports électroniques.

Un mal pour un bien, on tue moins d’arbres, on vit plus vite, mais quand je m’assied avec mon bouquin numérique, je profite du moment avec une tasse de café ou de thé fumant.

 

Pour ça, rien ne change, je me sens bien dans ma bulle, fantastique interlude dans un quotidien pressé, et qu’on ne vienne plus me dire que je suis une paria, une lectrice de seconde zone.
Ce serait mal me connaître, m’offenser.

Je suis une lectrice comme les autres.

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5 juin 2014

Everything Eyes de Bobbi Brown, ou le bouquin de la déception

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Quand  j’étais gosse, j’avais droit aux fêtes d’anniversaire bien orchestrées, avec déballage de cadeaux en public sous les « ho » et les « ha » amusés des adultes qui étaient venus trinquer et, accessoirement, laisser leurs mômes gambader avec moi.

Je ne demandais jamais rien, je laissais les invités m’acheter ce que mes parents leur suggéraient, et je recevais toujours des bouquins (les piles faisant ma taille en fin de soirée), pas de surprise en perspective mais j’étais heureuse comme un ange avec un sourire plaqué sur le visage.

Jusqu’au jour où quelqu’un a décidé de sortir des sentiers battus et de m’offrir des patins à quatre roues multicolores qui faisaient penser à Elmer en pleine crise d’indigestion, j’ai donc regardé l’assistance avec l’air dégoûté d’une gamine difficile et j’ai lancé un « j’aime pas ! ».

« Moh Mona, on ne dit pas ça ! »

Heureusement que ce n’étaient pas des chaussures, sinon on m’aurait sûrement obligée de les mettre (remarque, j’étais une adepte des godasses aux diodes intégrées dans la semelle et qui s’activaient à chaque fois que je posais le pied à terre, on ne peut pas tous être fashion à 8 ans, mais je pensais que j’avais la classe internationale).

Tout ça pour dire que depuis ce jour-là, j’ai commencé à vouloir des choses, profondément.
A choisir ce dont j’avais envie, pour mon anniversaire, devant le stand de churros d’une fête foraine, quand je devais cocher latin-sciences ou sciences-éco, j’avais déjà tracé les contours d’un avenir immédiat.

Madame oui-non en puissance, sans quartier, qui dit ce qu’elle pense avec des aveux de plus en plus affirmés avec les années.

Et avec les désirs viennent les obsessions.

 

J’avais entendu que Bobbi Brown avait sorti un nouveau livre, Everything Eyes, et après plus d’un mois de patience, je l’avais enfin reçu chez moi. En bonne mono-maniaque de la marque, je m’attendais à quelque chose de fabuleux, une petite bible de la beauté riche en découvertes, même sur les basiques.

Mais une fois le colis ouvert, je l’ai rapidement feuilleté et s’est passé la même chose que lorsque j’ai reçu mes patins moches à la roue en gomme rouge, j’ai dit « j »aime pas, bordel », et j’ai un peu râlé.

 

Everything Eyes

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Le bouquin se compose de trois parties :

  • une qui englobe les basiques, comment appliquer son correcteur, le choisir, tout ce qui concerne les fards à paupières, les sourcils, l’eye-liner, les cils
  • une autre qui regroupe des looks
  • et enfin, celle qui aborde le grand sujet des lunettes (parce que Bobbi est une grosse bigleuse)

 

Les basiques 

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Après une présentation des pinceaux nécessaires au maquillage des yeux et des conseils pour ne pas se lever avec l’oeil qui mime un coquard, on passe aux fameux basiques.

Loin de moi l’idée d’être une pro, j’ai très vite passé cette partie étant donné que je n’y ai strictement rien appris, à part dans la partie sur les liners et leurs différentes textures, le reste faisait office de rappel et était franchement redondant.

Avec des phrases comme « le recourbe-cils est génial pour ouvrir le regard. Ne l’utilise pas sur des yeux qui ont déjà été couverts de mascara », c’est comme m’expliquer que A est la première lettre de l’alphabet, il y a des choses qui tombent sous le sens que diantre.

 

Les Looks

Au cas où vous ne sauriez pas qui est Bobbi Brown, il s’agit d’une femme qui a inventé sa propre ligne de make-up dans l’optique d’offrir aux consommatrices des produits qui puissent leur permettre d’améliorer leur canevas naturel, et non de se maquiller comme des voitures volées.

Cette approche se retransmet énormément dans les photos des looks de ce bouquin vu que la plupart des photos sont extrêmement réalistes, et n’évoquent pas la retouche.

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Un bon point qui apporte un plus et rend les modèles encore plus jolies. Ceci étant dit, sur les 10 looks proposés, il n’y a que le smokey (cf. photo) qui sort du lot, le reste s’attardant trop sur le liner à toutes les sauces sans vraiment aborder le cas des différentes formes d’yeux dans les cas pratiques (une seule photo pour la forme asiatique).

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Les Lunettes

Je suis myope depuis mes 8 ans, donc le sujet me concerne plutôt de près, mais j’imagine qu’une personne qui n’a aucun problème de vue va trouver étrange de voir Bobbi jouer à l’oculiste en t’expliquant comment choisir tes lunettes, leur couleur, leur forme, et le maquillage qui va avec.

Je pense que cela aurait eu son sens il y a trois ans, quand tout le monde portait des fake pour se donner du style et passer pour hype, maintenant c’est devenu ringard.

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A la fin de la section on trouve quelques idées pour que nos yeux ressortent bien derrière les vitres, mais BB a un peu bâclé le sujet, vu qu’elle voulait vraiment me faire comprendre qu’elle aurait voulu faire opticien chez Pearle et non maquilleuse professionnelle.

Elle a pris le sujet avec un tel sérieux qu’on a droit à une histoire de la binocle en accéléré, un flash back dans l’enfance de Bobbinette et toutes les lunettes qu’elle a pu/du porter depuis son adolescence jusqu’à la création de sa première ligne d’eyewear.

En parlant de sa collection, elle la présente en long et en large en mettant certains modèles en exemple pour bien signifier que « si tu as un visage rond, il te faut des cat-eye comme sur la photo ».

Les gens ne sont pas idiots, mais le placement de produit a son petit effet vu que même pour mon cas (la tête ovale), elle aurait pu me convaincre de jeter mon dévolu sur une magnifique paire rose pâle si j’avais eu une bourse plus remplie.
Damn.

 

Je n’aurais jamais du acheter ce bouquin…à mon âge 

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Quinze euros plus tard, ce livre ne m’a rien appris, ni sur la vie, ni sur mes habitudes, ni sur mes yeux.

Je reste sur ma faim, sans avoir vraiment pu découvrir des astuces que j’ignorais jusqu’alors ou des petits secrets pour rendre le regard éblouissant, il manque des idées de MU de fête au milieu des looks vus et revus.

 

Je me trouve toute bête, débutante que je suis, à me dire que finalement, j’aurais bien aimé le recevoir à un de mes anniversaires, quand dix ans plus tôt, je commençais à me maquiller et m’appliquer des sclotchs de crayon noir dans la muqueuse du bas et du haut.

Sale Emo.

Oui, je suis sûre qu’ado, j’aurais dit « oh merci ! » à un cadeau comme celui-là.

Il y a une gamine en moi qui me serre bien fort dans ses bras tellement elle est contente, mais ça n’a pas suffit pour me conquérir.

 

Des bisous les Caribous ! 
Edition originale (en Anglais)
à 15 euros sur le site de la Fnac 

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30 avril 2014

Culture beauté : trois livres pratiques sur les cosmétiques

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Quand j’ai commencé à faire ma goumiche et à m’intéresser à la peau et ses mouvements (flexion de la bouche, clignement de l’oeil, point noirs à volonté), il a fallu que je me renseigne.
Dans n’importe quel domaine, on vous tiendra le même discours  » si tu veux parler de patate, cultive la pomme de terre ».

J’ai donc organisé mon potager et commandé plusieurs bouquins qui m’ont beaucoup appris depuis et que je consulte encore régulièrement pour ne pas dire de conneries et me rappeler si une huile essentielle particulière convient pour une peau réactive, ou si les parabens c’est le mal.

 

Ma bible en trois parties

Le number one : La vérité sur les cosmétiques

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Rita Stiens, l’auteure, est à considérer comme une personne très éclairée qui charcute les codes et appellations chimiques pour les rendre plus clairs aux yeux du consommateur.

Quand je me suis procuré cette édition de 2012 (mise à jour régulièrement), j’étais au commencement du blog, je n’y connaissais rien, et dans ma recherche de vérité et de réponses par rapport à la jungle cosmétique, j’avais envie de faits claquants bien imprimés sur le papier.

 

Ce qu’on y trouve :

  • tout ce qui concerne les labels et les certifications européennes : sur son site on peut trouver un codage avec des petits smileys, qui classifie les ingrédients des plus bénéfiques à ceux qui sont douteux
  • on y parle des différents champs de la cosmétique : naturelle, bio, traditionnelle, de quoi avoir une vue d’ensemble sur le secteur
  • on y parle de la peau, à quoi sert un sérum ou une crème, ce que sont les actifs efficaces en cosmétique naturelle
  • des produits pour le corps, les cheveux, de ces ingrédients jugés contestables dans les produits du commerce

 

Chaque catégorie propose l’analyse d’un produit de base avec une explication des composants et leur action au sein du soin.

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Je conseille ce bouquin à ceux qui veulent absolument mettre leurs mains dans le cambouis et ont soif d’apprendre de nouvelles choses sur le sujet. Selon moi, il faut vraiment prendre du recul et rester plus qu’objectif en lisant ce livre car il est clairement dirigé et met en garde de façon très (trop) alarmante sur les soins qu’on a l’habitude d’utiliser mais qui contiennent une grande part de chimique.

Néanmoins, il reste un bouquin que j’adore toujours autant et qui éclaire bien le terrain de la beauté et son commerce (parfois abusif) sans que cela soit pompant et inaccessible pour une personne lambda.

 

Le number two : le guide Marabout des Huiles essentielles

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Dans les rayons, j’avais énormément hésité avec la bible de Festy, qui est considérée comme la bible à avoir quand on s’intéresse de près aux plantes et huiles essentielles.

Mais en le feuilletant, je ne sais pas, il y a un bidule qui n’a pas pris, c’était trop alambiqué et pas assez festif (Festy, festif, allez rigole), donc je me suis rabattue sur l’édition de Marabout, en me disant que de toute façon, je n’avais pas besoin d’informations poussées mais surtout d’une petite mise en bouche sur ce milieu.

 

Ce qu’on y trouve

  • les méthodes d’extraction, de quoi clairement comprendre les différentes bases que l’on peut obtenir à partir d’une plante
  • des descriptions pour comprendre la composition d’une huile essentielle (cette partie-là est courte et un peu plus poussée mais toujours intéressante)
  • les précautions d’emploi (parce que NON les HE ne sont pas des huiles, mais des bombes naturelles très actives !), les moyens de les utiliser, les huiles végétales
  • certains hydrolats et HE les plus répandus sont dans le livre, avec leurs bienfaits, usage, et dosage (à creuser, parce qu’il n’est pas précis, on parle de dilué, non dilué, etc.)
  • et une partie sur ce que l’on peut soigner avec les huiles essentielles

 

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Comme livre de base pour en apprendre plus sur les plantes et leur pouvoir à travers les huiles essentielles, il est vraiment bien fait.

Il trouve ses limites dans la posologie qu’on aimerait plus complète à certains endroits, mais on découvre tellement, des appellations recommandées aux maux du quotidiens que l’on peut soigner simplement, que je lui pardonne.

Et puis le fait qu’il soit très lisible (comme tous les ouvrages Marabout) et peu cher est plus qu’appréciable.

 

Le Number three : La Peau (la dermatologie au service de la beauté)

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Cet  ouvrage est sûrement celui qui me concerne le plus, parce que je l’ai acheté dans le désir d’en savoir plus sur « la peau, la peau, la peau »!

 

Ce qu’on y trouve

  • de tout : la cosméto pure et dure, les ingrédients, comment choisir ses produits, et des conseils santé
  • chaque partie passe en revue tous les aspects du thème abordé : si l’on parle de la peau, on parle des muscles, des pores, du sébum, du film hydrolipidique, de la sueur, etc.
  • énormément de pistes pour certains problèmes, citées ci et là

 

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Clairement, il ne s’agit pas d’un livre écrit pour être fluide. Même si les rubriques sont très claires, la lecture me fait l’effet d’être dans un rayon de bibliothèque dont je passe en revue les titres en suivant l’alphabet.

Donc, plus on avance, plus on a l’impression qu’on nous lance plein d’idées sans recevoir assez d’explications, mais il se cache une manière logique de voyager dans « La Peau » sans s’y perdre : imaginez un dictionnaire qui aborde la dermo-cosmétique de manière décomplexée et vous aurez ce bouquin.

Il n’est absolument pas nécessaire de le lire en un coup (comme Mona la Maboule), mais plutôt d’y prendre de temps en temps les informations qui vous intéressent sur le moment.

 

Bien sûr on trouve généralement tout ce qu’on veut sur internet aujourd’hui, mais avoir des bouquins spécialisés sur les domaines qui nous passionnent peut souvent changer la donne : parce qu’ils sont écrits par des personnes qui sont inscrites dans le milieu qu’elles décrivent (dermatologue, spécialiste de la cosméto naturelle, diplômée en phytothérapie) et apportent donc une vision toute neuve à celle que l’on s’est forgée.

Mes trois petites bibles sont totalement abordables (financièrement et intellectuellement) et il ne faut pas avoir fait Bac + 10 pour capter chaque mot.

A vous de voir si vous voulez plutôt l’avis d’une justicière de la liste INCI, d’une passionnée de plantes ou d’un spécialiste du plus grand organe du corps humain, à mon avis ils se complètent impeccablement.

 

Des bisous les Caribous, et bonne lecture !
La vérité sur les cosmétiques – Rita Stiens (23 euros)
Le guide Marabout des HE – Fabienne Millet (18 euros)
La Peau – Hill-Sylvestre et Ottavy (16 euros)

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15 février 2014

« La femme parfaite est une connasse », ou le torchon de l’année

fevrier-2014-8707.JPGJe suis bien contente que ce livre me fut offert il y a quelques mois, parce que si j’avais mis mon argent dedans, j’aurais eu mal au fessier (sûr que j’aurais été à la Fnac, il y avait un tel tapage autour et une fille à qui on collerait des baffes sur la couverture qu’un billet de cinq euros se serait vite perdu).

 

Règle N°1 : On cessera de bitcher sur une femme parfaite qui n’existe pas

Honnêtement, entre le bitchage gratuit, le retour du mot connasse à chaque page, et une pauvreté de vocabulaire assez conséquente, j’ai eu du mal à rentrer dans le jeu.

Censé être un guide pour la femme imparfaite, on se retrouve avec un torchon entre les mains, qui ne fait que crier « girl power à la fille qui plante son talon dans une bouche d’égout et continue d’hurler du Lara Fabian », ou encore « ne craignez pas de passer pour une idiote devant Jean-Michel quand vous évoquerez la vie intense de votre chat siamiois. On a tous des passions. »

(phrases perso introuvables dans le livre, ne cherchez pas)

 

Mouais, j’ai vu mieux comme mise en avant de la femme et ses défauts, un livre sur une woman lambda qui ne fait pas avancer le schmilblick (ni le flux électrique entre tes neurones), beaucoup trop superficiello-comparatif et qui me rappelle vaguement le genre de généralités qu’on nous sort en gros titres de magazines.

Consternant.

 

Règle N°2 : On arrêtera de publier des livres à la mise en page complètement branlante

Incroyable (mot fétiche du mois, t’as vu), d’une page à l’autre on passe d’une typo de taille 12  à une taille 14 sans crier gare (enfin si, ça crie « on veut remplir l’espace coûte que coûte, et on t’emmerde si ça te fait mal aux yeux), on utilise des pages entières pour écrire une phrase ou faire des bons bidons à découper.

Sérieusement, qui est la cruche qui va s’empresser de découper un véto à donner à son amie pour ne pas se jeter sur le beau gosse qui vient d’entrer dans le bar ?

 

Une arnaque qui aurait pu se concentrer sur 30 pages et qui s’étale sur plus de 150, tu parles d’un gage de qualité.

 

Règle N°3 : Tu apprendras à écrire dans une cohérence toute organisée

Hier, quand j’ai refermé le bouquin-torche-cul après 20 minutes de profond ennui, je me suis dit que l’expression « what’s the point ? » était la plus appropriée.

J’avais le sentiment d’avoir lu un recueil de notes écrites sur des napperons lors d’un mariage, collées ensemble avec de la mayonnaise et un peu de niaiserie, et TADAM, cadeau le peuple, ça dégouline de partout mais on te le vend comme un chef d’oeuvre.

Sûr que dans mon ancienne école d’art c’aurait fait un carton.

 

Les énumérations successives des déboires de la femme « normale » qui ne sait ni cuisiner (ou qui refuse de le faire), ni avoir un semblant de dignité, de vie sociale intéressante, montre un côté blanc et noir qui n’apaiseront pas les défauts qu’on veut bien montrer chaque jour au monde entier, s’autoriser à planter son petit doigt de pied dans le meuble du salon trois matins de suite n’est pas une preuve d’imperfection.

Ca te prouve juste qu’il faut sûrement changer ton armoire Fülblurguuu de place.

 

N’achète pas ce bouquin, ne crève pas d’envie de te jeter dedans, car même si je suis la première à brandir la pancarte »montre tes fesses pleines de cellulite » pour que tu assumes un peu mieux les madeleines que tu manges en file indienne, « la femme parfaite est une connasse » est un livre qui manque énormément de classe.

Le petit guide pour la bourrine sûrement, mais pas pour moi.
Je suis peut-être une connasse finalement.

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24 octobre 2013

Irving, mon amour, j’ai visité L’hôtel New Hampshire

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Je voue un culte à cet auteur.

Comme à quelques autres, mais celui-ci obtient la palme de l’écrivain qui retranscrit la pure réalité comme s’il nous faisait un cake aux pommes : avec l’aisance d’un pâtissier qui sait ce qu’il fait.

 

J’avais déjà lu un livre de lui, Le Monde Selon Garp, et quand j’avais refermé le bouquin, la fin m’avait mordue si fort que j’étais restée bouche bée, un peu béate à cause de l’histoire contée.

Ca arrive peu souvent aux gens, de rencontrer un univers qui se colle si parfaitement à leur âme.

En général on cherche un peu d’amour dans des romans typés, un peu d’enfance dans des récits de coin du feu, un peu de frissons dans les livres à suspens.

Puis on tente de faire un patchwork qui ait de la gueule.

 

Ce qu’il y a entre Irving est moi va au-delà de ça, c’est aussi irrésistible qu’une romance qui finit mal puis reprend, c’est aussi tentant que de rater son train exprès pour rester au soleil, c’est aussi grisant que de prendre son vélo pour avaler les routes de campagne.

Il réunit ma nostalgie, mon amour, mes envies, mes peurs par rapport à la vie ou la mort, ces détails que je vois chez les gens, il les peint, il donne le juste relief au monde que je vois passer.

 

C’est un constructeur de personnes, et non de personnages, un magicien.

 

Donc, si je devais vous recommander un premier livre, il faudrait que vous attaquiez Le Monde Selon Garp.

Pour tomber tout nu dans le trou qu’Irving creuse pour ses lecteurs, le trou dans lequel on veut s’enfoncer plus profond pour épouser ses paroles.

 

Puis comme plat de résistance, vous pourriez entamer la visite de L’Hôtel New Hampshire.

Il nous pousse à y vivre avec la famille Berry, le grand-père accro à ses haltères, le père et la mère si liés, les enfants turbulents et le chien qui pète sans arrêt.

John qui nous parle des figures qu’il côtoie, Lilly qui refuse tout net de grandir et restera petite à sa façon, Frank qui est un peu trop austère et psychorigide, Franny la plus belle qui n’en finit plus de se libérer de ses démons.

On croise un Ours, puis une Ourse, des putains qui nous veulent du bien.
Leur voyage est raconté comme l’errance fataliste d’une famille d’un Hôtel à un autre, chaque fois sans succès, bien qu’au bout du tunnel la lumière finisse par se voir dans les yeux des protagonistes.

 

C’est un peu rude, un peu long, mais qu’est-ce que la longueur lorsque l’on fait le récit d’une vie ?

J’ai donc dévoré chaque mot comme une gamine qui écoute son père lui inventer une histoire et ne veut pas qu’il s’arrête avant d’avoir enfin atteint le dénouement.

 

Il n’y a rien de si extraordinaire dans ce livre, si ce n’est chaque page, et cette absurdité réaliste qui nous fait accepter sans peine qu’il y ait des décès silencieux et des morts bruyantes.

Finalement, si j’aime autant cet auteur c’est parce qu’il ne tente pas d’être un faiseur de rêves ni un bonimenteur, je crois à tout ce qu’il me dit parce que je l’ai vécu, à ma manière.

Aucune idée de quand je croiserai à nouveau Irving, peut-être sur une plage ou encore dans mon lit, mais il est sûr que je ne l’oublie pas.

Jamais je ne le quitterai.

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