Catégorie : Humeurs

21 novembre 2013

Être blogueuse, pas tapineuse.

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Je suis une blogueuse qui sait ce qu’elle dit, assume ce qu’elle fait (les photos de moi en gros plan, c’est pas pour la frime, c’est pour aider les gens), j’ai une très forte culture du partage derrière moi qui m’incite à papoter, décider de ce qui pourra être une expérience enrichissante pour autrui en me lisant.

Le revers de la médaille, c’est qu’en « choisissant » (on ne choisit pas vraiment son créneau, on a des passion au départ, c’est surtout ça) d’être une testeuse pour mieux approfondir mon sujet, j’ai enclenché le phénomène déferlante de RP dans les mails.

 

J’étais contente dès le départ et ai commencé à établir des liens avec certaines marques, carrément flattée qu’on vienne chercher mon corps pour étaler de nouveaux produits cosmétiques dessus, et ce, sans être payée.

En gros, je me prostitue du corporel pour recevoir des produits en échange, en éprouvant la plupart du temps du plaisir à devenir un champ d’expérimentation.

Gros paradoxe de la pute qui aime ça.

 

J’ai toujours été très claire avec les marques :

  •  je n’écris un article que si je reçois un produit (je ne suis pas une bannière publicitaire, même si je parle de X ou de Y, j’évite aux consommatrices d’acheter un soin pour rien)
  • je choisis un minimum le produit : j’ai un corps qui a des exigences particulières, un certain type de cheveu, je me connais mieux que les personnes qui veulent engager un partenariat avec moi
  • je me laisse un mois pour le faire le test, la plupart du temps
  • je choisis si je mets une bannière dans la colonne de liens (les marques n’ont rien demandé, je fais mon choix dans celles que j’aime le plus)

 

Donc je ne reçois pas d’argent, ce n’est pas mon boulot de tenir ce site, je le fais de manière bénévole parce que j’aime ça et que j’adore découvrir des nouveautés qui rendent les femmes plus belles et les hommes plus amoureux d’elles.

 

Mais quand un RP (NDLR : relation presse)

  • t’impose ses conditions (un article écrit pour faire la pub, tu reçois alors un bon pour acheter un produit sur le site et refaire un article)(?????)
  • te demande si tu veux tester un produit alors que tu n’as même pas reçu un colis précédent comme promis
  •  envoie un produit totalement inadapté (ça m’emmerde profondément, je passe pour la méchante en expliquant que je ne pourrai pas faire de revue dessus)
  • ne te réponds plus parce que tu lui a remis les pendules à l’heure tout en restant polie (pas mon job, pas d’argent, je fais ce que je veux, j’avais prévenu)
  • fait semblant de ne pas avoir lu ton dernier mail et t’en renvoie un pour savoir où tu en es dans ta décision (décision déjà prise dans le mail précédent, mais trop négative pour lui, il est dans le déni)

 

J’ai envie de m’énerver.

Sans parler des mails qui commencent par Monsieur, ceux qui me demandent de parler de la cigarette « parce que selon notre avis éclairé, la fumée concerne aussi la santé de la peau » (oui, une gifle aussi ça réveille les vaisseaux sanguins, depuis quand tu choisis la ligne éditoriale du blog à MA place ?).

Je reste impeccable, je montre un léger agacement si nécessaire quand je vois qu’on dépasse MES bornes, je ne hausse jamais le ton, mais parfois, certaines personnes feraient mieux d’aller relire la définition du mot blogueur.

 

Nulle part je n’ai signé de contrat pour dire que j’étais d’accord qu’on me traite comme quelqu’un qui n’est qu’un pion sur un échiquier.

Parce que mon blog est mon espace de jeu, j’y fais ce que je veux, je parle de peintures immondes et je les expose si l’envie m’en prend, j’impose à mes lecteurs des photos de tongs ou d’un foulard en soie si ça me plaît.

 

J’ai encore du plaisir à collaborer avec certaines marques
parce que leurs RP

  • s’adressent personnellement à moi (il y en a même qui m’appellent Mona, et pas Rose, preuve de fouinage plus poussé)
  • comprennent ma démarche, mon blog, me soutiennent aussi des fois
  • sont des gens éduqués, qui savent qu’un blogueur n’est pas quelqu’un qu’on contacte puis qu’on abandonne au moindre faux pas dans un envoi (ça arrive ! On va essayer de mieux se connaître)
  • laissent un mot dans le colis, écrit au bic
  • sont réactifs pour les concours
  • envoient même des cadeaux parfois, juste comme ça

 

Peut-être que dans toute cette histoire, certaines personnes ont trop reluqué leurs bouquins en cours au lieu d’apprendre les relations humaines, le contact avec les gens, l’amabilité ou juste le bon sens.
(Dans le tas, il doit forcément y avoir des cousins de Puduku )

 

Un blogueur aura toujours le choix d’imposer sa voix tant qu’il aura mis des limites claires et précises au partenariat et qu’il ne se sentira pas lésé.

Et parfois, faute de communication, de relances qui tombent dans l’oubli ou autre, un partenariat devient une plaie.

 

Il faut savoir dire non quand on est pas emballé ou qu’on ne croit pas en ce que l’on va recevoir sinon l’affaire tournera vite au vinaigre.

C’est aussi pour ça que la plupart du temps je ne parle pas de flops sur ce blog : j’ai la chance d’avoir de très bons contacts qui connaissent mes goûts/problèmes de peau, ou qui n’hésitent pas à me laisser choisir dans leurs gammes.

 

J’adore tester de nouveaux produits, qu’on me parle de nouvelles avancées cosmétiques, et tant que le négatif restera moindre par rapport au positif, je continuerai.

Mais qu’on ne vienne plus me prendre pour une idiote de blogueuse, depuis le temps, je suis devenue une marionnette qui comprend sur quels fils on tire pour tenter de la faire bouger.

Je sais marcher toute seule, c’est comme ça que j’ai commencé.

 

Des bisous les Caribous !

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Caribouland
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20 octobre 2013

Where do you find happiness ?

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Je pense connaître des gens (je ne pointe personne)(je ne juge personne) qui ont une tendance malsaine à planifier leur bonheur.

Ils allouent des places dans leur horaire pour la débauche, et ne s’autorisent aucun écart avant l’heure ni après.

Et à chaque fois ça me fait le même effet, j’ai l’impression de voir quelqu’un s’étrangler avec le plaisir que procure un bonbon, un mélange d’extase et de malaise qui donnent envie de regarder ailleurs.

Je suppose que ces personnes ont été des enfants à qui l’on disait

« Là, maintenant, tu peux sauter ».
« Là, maintenant, tu arrêtes ».

Et la spontanéité ne trouve plus son chemin.

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J’ai une addiction maladive pour l’automne (je peste contre le froid qui arrive, mais j’aime la couleur orange quand elle tombe avec le vent).

Je vous épargnerai donc la description des arbres, des bottes multicolores, des marrons, des pulls à mailles épaisses, des corbeaux, du petit château sous la brume.

J’aime tout simplement cette saison parce que quand je mets le pied dehors dans ma campagne, j’ai l’impression d’être comme seule au monde.

 

Avec des chevaux qui me regardent de haut en bas et mon chien qui se retient de hurler quand leurs sabots font tropde bruit ou qu’ils mâchent un peu fort leur herbe.

 

Le soir, la pleine lune éclaire les champs et personne d’autre que moi ne se promène.

Le dimanche, il y a le remue ménage général, les petites compétitions, les chevaux qu’on sort sur la route pour qu’ils paradent un peu et remuent leur crinière.

Tout fonctionne au ralenti puisque les voitures ne roulent pas plus vite que le pas de ces bêtes.

 

Depuis quelques semaines, je me suis remise à boire du thé, beaucoup de thé, et à tremper mes biscuits dans des boissons chaudes juste pour voir les miettes lentement tomber dans le fond de la tasse transparente.

Aussi, les écharpes ont retrouvé leur place, et se nouent à mon cou comme des serpents touffus qui refusent de s’en détacher.

Je crois que j’ai enfin accepté le changement de saison, docilement, parce qu’il n’y a pas de raison que j’empêche le temps d’avancer, il coule seul et suit sa rivière.

Et puis si tout le monde le dit, je veux bien le croire : le bonheur, c’est aussi de laisser les choses se faire, non ?

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Caribouland
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3 septembre 2013

Du sentiment d’être chez soi

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Je trouve que, parfois, le sentiment de se sentir chez soi tient à peu de choses.

En tout cas, en ce qui me concerne, le simple fait de pouvoir poser mes orchidées sur le bord d’une fenêtre me donne la sensation d’avoir enfin une place où vivre, un espace à moi.

Parce que c’est compliqué d’être dans une phase transitoire.

On peut parfois avoir l’impression de dépendre des autres, de ne pas avoir son cocon, son territoire, que tout le monde va commencer à péter une durite à force de se sentir comme la tranche d’un millefeuille trop serré.
Depuis deux jours donc, j’ai enfin une chambre aussi grande qu’un mini-loft, et je m’y sens bien.

 

J’ai vraiment donné de ma personne, peint les milliers de pentes et sous-pentes (ça n’en finissait pas !) de mon home sweet home, j’ai cogné ma tête un bon nombre de fois aux poutres, j’ai encore les bras comme des galaxies parce que je n’arrive pas à retirer les taches blanches de laque, mais je suis fière d’avoir réussi à rendre le tout accueillant dans les temps.

Quel plaisir de ne plus souffrir de voir le visage de Puduku, quel plaisir de faire une balade le soir et de voir les chevaux dans leurs enclos, quel plaisir de voir les maisons illuminées et d’entendre mes seuls pas dans la nuit, quel plaisir de sentir le vieil air de la campagne piquer mes narines et d’avoir enfin un peu de liberté de mouvement.

 

Il reste encore des finitions à faire, des petits trous à reboucher, ma cuisine à installer, les meubles à monter aux bons étages, les livres à ranger dans les bibliothèques, les vêtements à plier dans les armoires, les chaussures à placer en rangs d’oignons dans le hall, mais qu’importe le temps que ça prendra, puisque maintenant, je suis enfin à la maison.

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Caribouland
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20 août 2013

Une question d’éducation

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Quand on est petit, on nous apprend (si on a la structure moyenne pour nous encadrer) à être poli avec autrui, à ne pas accepter une sucette d’un inconnu, à rester dans les rangs pour qu’il nous arrive le moins de mouise possible, et en général, sans trop de fracas, tout se passe comme barque tranquille voguant sur la rivière.

 

Le problème en grandissant, c’est que tu entrechoques ton cadre avec celui des autres, et, la magie aidant, ça fait souvent un tas de bois qu’on n’a plus qu’à allumer pour faire un joyeux incendie et foutre la merde comme on peut (souvenir de batailles d’eau dans les WC de l’école primaire, aaaah).

Les délinquants vous diront qu’ils n’ont pas le choix, ils manquaient de cadre, du coup ils s’en s’ont fait un de la taille du monde entier, et parfois même qui englobe l’univers. « Je peux tout faire parce qu’on ne m’a jamais dit de ne rien faire ».

A mon échelle, ça ne me concerne pas.

 

Quand je me balade avec mon cadre tout fini, mes préjugés de mioche trop sûre d’elle par moments, et ma bouche de pipelette, je ressemble à un Picasso mal emballé mais je m’en sors.
J’ai l’air d’une carlingue qu’on traîne à un mariage, avec son lot de fanfreluches accroché sur les portières, des casseroles qui font un tintamarre d’enfer quand elle roule, mais j’assume.

 

Je n’ai jamais eu beaucoup de classe, mais si il y a bien une chose qu’on m’a apprise et avec laquelle je n’ai jamais eu de problème c’est le partage de la nourriture.

Dans la cour de récré, j’ai toujours été celle qui avait le sac rempli de friandises, de chocolats, j’aurai pu faire une fiesta kinder avec ce que j’amenais chaque jour avec moi dans mon cartable.

 

Ceci dit, depuis que je suis devenue adulte, il y a des moments où le partage a du mal à passer.

Forcément, je vais te lâcher l’exemple cinglant, qui fait mal aux oreilles, et qui me ronge le ventre depuis trois jours.

C’est un peu comme l’épopée dans une jungle, à la troisième branche sur laquelle tu trébuches, tu sors la hache pour la réduire en allumettes, la bouche fendue par un rictus malsain (la vengeance ça rend fou).

Ras le bol international.

 

Ici aussi.

Trois jour que Puduku boulotte mes pâtes en douce sans rien demander.

La première fois je me suis dit que j’avais peut-être mangé plus que ce que je ne croyais.

La deuxième fois ça a commencé à me courir sur le haricot, je suis même allée jusqu’à regarder dans la poubelle pour voir si mes spaghetti y dansaient la capouera (sûr que non).

Et ce soir, troisième fois, j’avais les mains qui faisaient les joyeuses, à chercher à qui foutre des baffes.
J’ai vite trouvé le coupable.

« Je pensais que c’était pour la poubelle » qu’il m’a dit.

 

Trois règles à savoir sur moi (que j’aurais du placarder sur le frigo, ou écrire sur le sol en forme de marelle) :

  • on ne pense jamais à ma place (à moins de vouloir se faire hacher menu, c’est rare qu’on y arrive, j’ai souvent une longueur d’avance sur les nigauds)
  • on ne suppose jamais à ma place (la supposition, c’est le chemin direct pour te retrouver avec un suppo de la taille d’un baobab dans le derrière juste parce que j’ai eu la répartie très sévère)
  • on ne mange pas si je ne propose pas (je partage, certes, mais autour d’une table, et avec des gens que j’aime, pas des limaces)

 

Donc, le gars, il raclait le fond de mes casseroles, mangeant les pâtes que j’avais faites avec amour POUR MOI.

Certes, j’aurais pu emballer et fourrer le tout dans le frigidaire une fois fini, mais est-ce qu’il fait de même avec ses affaires alors que je suis extrêmement tentée chaque matin de lécher ses tasses remplies de moisi qui dansent encore ET TOUJOURS la farandole au-dessus du lave-vaisselle et non dedans ?

Trop de tentations.

 

Pour en revenir au cadre, j’aime bien qu’on respecte le mien, qu’on me demande la permission, parce que là j’ai encore une fois l’impression d’être la dernière des tartes dans la boulangerie du coin.

Cela va plus loin qu’une histoire de pâtes évidemment, il doit lui manquer une grosse planche pour terminer son cadre, à puduku, s’il a estimé que j’allais jeter le tout et que donc, d’une façon ou d’une autre, il pouvait se servir.

 

Alors oui, il pourra bouloter mes futurs plats avec grand plaisir, mais seulement quand j’aurais mis mes restes dans une poubelle, et que j’aurai mêlé le tout à ses fonds de cendriers froids qui atterrissent au même endroit.

Bon appétit, et la prochaine fois que tu te sers, tu demandes avant, ça m’évitera d’être une vieille femme aigrie qui fait plein de bruit, en plus de manquer de classe.

 

Si tu veux encore rire, enjoy les liens.
Par ici pour l’épisode 1 de PUDUKUet ici pour l’épisode 2 de la limace

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Caribouland
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1 août 2013

Les blogs beauté sont non fiables, sans contenu et remplis de vernis

Ce matin, troisième jour de migraine, un peu dans le gaz mais carrément pompette à cause de la fatigue, ma soeur me sort un article de sous sa manche et me dit « tu devrais lire ça, c’est pas joli joli ce qu’ils disent sur les blogueuses beauté ».

Bon déjà, rectification du tir, moi je ne suis qu’une blogueuse « spécialisée » dans les soins de la peau, c’est ça mon créneau, mon dada, les actifs végétaux, l’épiderme en crise, la donzelle qui crie « pustule » sur le bord du trottoir.

Donc je me dis que j’aurai forcément du recul pour lire ce genre de compte-rendu blogosphérique.

Tu parles.

J’ai tout lu attentivement comme une bonne élève et l’article m’est resté en travers de la gorge.

 

Envie de faire dans le cynisme gratuit, ou dans la généralité abusive, que sais-je, ça a eu le don de me grimper sur le pompon.

 

Les sept vérités sur les blogueuses beauté selon Gaël

Magazine féminin belge // Gaël Août 2013

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1. Elles ont de l’humour…(Enfin certaines)

Bon là, pas trop de faux-pas, ça parle de Mouchtique très drôle et de Psycho et ses phrases assassines. Forcément ça tranche avec l’univers beauté-cul-cul que tout le monde se fait de la blogosphère beauté. Ils auraient du parler de Melon & Torchon tiens, pour rester dans le ton.

 

2. Elles sont vernies ! Ah ça oui !

La charmante journaliste dit que, chez eux, parce qu’ils sont fichtrement bien informés, ça va parler nouvelles technologies qu’une marque a mis 20 ans à développer dans son laboratoire mais que la pimbêche de blogueuse beauté, elle ne sait pas trop parler de ça, et que du coup ça se vernit jusqu’au derrière (les fesses bariolées, c’est funky).

Alors, de un, soit on nous prend pour des prunes incapables de chercher (une revue de presse c’est bien, mais ça ne révèle rien sur la vraie nature d’un sérum, dont on cache les silicones derrière « l’innovation hydro-activo-cellulo-pas-trop-tôt » qui t’envoie du rêve), soit on se dit que si la blogueuse elle ne cherche pas, et bien elle file fissa dans sa salle de bains pour se badigeonner les nongles, la langue coincée entre les dents pour une concentration au top.

Rapport choucroute.

 

3. Des esprits libres…Faut voir !

Je ne sais pas si vous êtes blogueuse à « beaucoup de tout votre » plein temps, mais personnellement, mon site fait corps avec mon esprit. Ce qui fait que je suis toujours en totale découverte de ce qui m’entoure pour être au courant de ce qui se fait et ne rien laisser passer.

La liberté des blogueurs, c’est surtout leur écriture, ce qu’ils veulent dire, ce qu’ils s’autorisent à révéler à leurs lecteurs, ou pas d’ailleurs.

 

Quand j’ai décidé de commencer à tester des produits de marques, il est évident que s’il s’était avéré qu’une crème pour le visage n’avait pas tenu ses promesses, il ne m’aurait servi à rien de lui lancer des fleurs dessus, parce que j’aurais :

  • perdu en crédibilité
  • me serais rendue ridicule (et gratuitement en plus)
  • je serais passée pour une tarte pas cuite

 

Ceci étant dit, si une blogueuse se fait sponsoriser par une marque, j’ose espérer que c’est parce qu’elle lui fait confiance et qu’elle a pesé le pour et le contre.

Sûr que si je me fais payer par Charal pour parler d’un steak alors que je suis végétarienne, il va y avoir un ch’ti problème dans le potager.

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4. Ce sont des As en marketing. Genre médailles d’or.

Ah bah, Gaël, t’es pas mal non plus. Démaquillages a son « question-réponse » sur la page d’en face et un rappel dans ce petit encart numéro quatre.

Un blog, au départ, c’est un lieu d’échange, alimenté par une personne qui souhaite rendre compte, comme dans un journal de bord, de ce qu’il a pu se passer au niveau personnel, politique, mondial, les envies ne manquent pas.

Une interview sur un blog et c’est une gommette ? Ne joue-t-on pas alors avec la limite qui sépare le journaliste du blogueur, qui, lui, peut souvent dire ce qu’il veut car il n’est pas limité par une contrainte financière, de hiérarchie ou d’éthique ?

Lorsque l’on fait de son site une source de revenu unique, la donne est tout de même différente, mais alors, autant tout arrêter, plutôt que de déblatérer des louanges sur une marque qui nous fait vomir.

 

5. Il arrive qu’elle écrivent pour ne rien dire.

Mon encart préféré, de loin. Parce que JE NE VOIS PAS LE RAPPORT entre un magazine qui ne sort pas le bon jour, mon chien qui pisse sur le pallier et moi qui le prend en photo pour amuser la galerie, et les articles écrits avec les pieds où les images sont tellement belles qu’elles nous font oublier que l’auteure ne s’est pas foulée pour écrire un texte de plus de trois mots.

Après, il y a testeuse et testeuse du dimanche, si on a pas l’intelligence de fermer une fenêtre où l’on a un compte-rendu plutôt mince sur le dernier hit en matière de make-up, c’est qu’on s’autorise à tomber dans le panneau.

 

6. Ce sont vos copines. Et les vraies alors ?

Encore une fois, dans quel monde vivez-vous ?

Depuis quand une blogueuse s’adresse à ses lecteurs comme à sa meilleure amie ? Qu’y a-t-il de mal à montrer ce qui traîne comme accessoires beauté dans le fond de notre sac ? (Tu sais bien, l’amas douteux et collant où se mêlent chewing-gum, brosse à cheveux et tampons).

L’idée même du blog, c’est de se vider la tête, de parler de ce qui nous passionne, nous dérange, nous fait envie, nous transporte. Alors si on veut faire de son site un journal « intime », why not ?

Il y en a pas mal qui existent, sous forme de BD ou autre, et qui nous rapprochent souvent de ressentis qu’on a pu partager pendant la semaine, c’est aussi l’échange sur des évènement platement quotidiens qui permettent parfois d’avancer. Alors si on est plusieurs à se réunir sur un site internet, les barrières paraissent parfois moins hautes, on se confie plus facilement.

L’humain et le naturel, c’est le plus important.

 

7. Les blogueuses, c’est le futur. Pas si sûr.

Pourquoi cette comparaison systématique entre les blogs et les magazines ?

Ils ont souvent l’impression qu’on joue sur les mêmes terrains qu’eux, qu’on complète le monde des torchons féminins.

Que neni.

La force du blogueur, c’est qu’il pourra dire ce qu’il veut, il n’aura de comptes à rendre à personne. Il pourra émettre un avis négatif sur MAC, on ne lui renverra pas un pot de poudre libre à la face.

Les blogs sont pourtant bien souvent plus à jour que les magazines, plus à la pointe, plus précis, et ciblent souvent de vraies problématiques (mise en situation, budget réduit donc plus d’inventivité que lorsqu’on fait partie d’une rédaction).

 

Je ne suis donc pas du tout d’accord avec l’idée « qu’un magazine permet un traitement plus approfondi de l’info ». En tout cas pas les papelards que je connais, et qui à l’heure actuelle sont souvent :

  • en retard sur les tendances beauté
  • à la ramasse parce que même si la régie publicitaire est séparée de l’espace rédactionnel, il reste qu’on voit encore de trop les placements produits dans des phrases glissées par-ci par-là
  • trop peu intéressés par les innovations à l’international, les tutos de youtubeurs archi-connus, etc.

 

La dernière phrase mérite une ola, un super shooting réalisé par des artistes photographes ne suffit pas. C’est comme un mannequin magnifique qu’on aura habillé avec une robe de soie, elle sera JUSTE belle, mais sans charme où est l’envie ?

 

En bref

On apprécie le « c’est quoi un bon tuto ? » avec une réponse qui n’en est pas une (et une petite promo en outre).

Et je passerai sur la mise en avant de Garance Doré et de Babillages, qui sont, certes, des sites très bien lissés et accessibles, mais la blogosphère a plus de contours que ces éternels « gourous » qui restent souvent sur les mêmes routes (et me barbent).

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Conclusion

Je pense que, de plus en plus, et face à l’ampleur du phénomène que constituent les blogs en général, les responsables de magazines ont souvent tendance à banaliser tout ce qui se fait sur internet pour donner un avis hautain et tranchant sans prendre la peine de creuser trop profond.

Auraient-ils peur qu’on prennent leur place ?

 

Je déplore qu’il persiste encore trop de condescendance envers les blogueurs beautés, à ce jour.

Certes, il existe des sites qui ne méritent même pas d’être et qui pourtant, grâce à leur contenu tellement succinct qu’il en devient inutile, arrivent à se placer dans le peloton de tête en terme de popularité.

Mais il faut devenir un as du tri, savoir se renseigner et puis apprécier les vraies belles découvertes, ces autodidactes qui sont devenues des artistes, ces passions qui donnent de la couleur à la blogosphère, ces accès de folie qui font voler les pigments.

La beauté ce n’est pas qu’une affaire de superficialité, mais aussi de redonner confiance, de se prendre pour quelqu’un d’autre, d’innover dans des matières qui donnent envie de se faire belle et de s’aimer.

 

On ne peut pas plaire à tout le monde, mais qu’on ne vienne pas me faire croire A MOI que les blogs beauté sont tenus par des idiotes, j’ai une liste longue comme ça de fifilles au talent grand comme le ciel.

 

Non mais !

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