29 juillet 2014

Le cas du bouton qui n’existait pas ou du « je touche à mon visage, je m’en veux après »

penelope.jpgSon of a bitch.

Depuis deux semaines, je fais connerie sur connerie, comme une gosse qui a reçu une bonne claque mais oublie tout quand on lui tend une glace, une vraie demeurée qui cherche à se murer, aveuglée, sans accepter l’évidence : je suis à la recherche du bouton qui n’existe pas.

Tous les X temps, ça me reprend, un peu comme un alcoolique qui a décidé de balancer son jeton de sobriété pour finir ivre, comme le coq qu’on ne peut empêcher de hurler à cinq heures du mat.
Tic Tac Tic Tac, je passe devant un miroir, je m’en approche, et la fin des haricots arrive sur la pointe des pieds, à petits pas.

La catastrophe. 

 

Mon cas

Je n’ai plus de peau acnéique, comme il y a quelques années et que je luttais sans relâche pour me débarrasser de monstrueux kystes et de points noirs logés par milliers sur mon pif qui prenait le vent.

Je suis plutôt affublée du label « imperfections localisées de l’adulte », « petits monts qui font coucou avec les hormones », « boutons de chiotte du lendemain de cuite », « t’aurais pas du me proposer du sauciflard, connard ».

Ma peau pioche dans son catalogue, choisit la pustule qui conviendra pour l’occasion, mais depuis quelques temps, je n’avais plus vraiment de chtars à part « les un ou deux bâtards » de fin de mois.

Tu vois.

Ceux-là, je n’y touche JAMAIS.

On dirait une règle d’or inscrite dans mon ADN qui m’oblige à les contourner, les ignorer jusqu’à ce que les choses se calment.

 

Mais à côté de ça, je m’invente des potes.

Je regarde mon reflet, me rapproche un peu trop, ma peau est lisse, mais une fois tendue j’aperçois un minuscule indésirable (taille nano), qui serait sûrement parti de lui-même avec la clarisonic.

MAIS NON.

Je l’atomise, me dessine une belle cicatrice avec les ongles, et quand j’ai fini mon oeuvre (en répétant une dizaine de fois le même geste à plusieurs endroits), je suis comme une tomate rouge prête à exploser.

Je m’en veux.

Le résultat prend encore une autre dimension quand je décide qu’une « poche de kyste en dormance » doit arrêter de faire son hibernatus : la boule triple de volume en deux jours et j’attrape un double menton sans rien avoir demandé, face palm.

 

Alors pourquoi ?

Je me fais l’effet d’un poisson rouge qui ouvre et ferme la bouche sans donner aucune réponse, un peu béat et amnésique après un tour dans son bocal.

Ils appellent le phénomène dermatillomanie ou acné excoriée, je parle plutôt d’une impulsion qui me ruine ma zone T une fois toutes les trois pluies, une sorte de rituel qui me poursuit même quand je n’ai plus RIEN de visible sur le visage.

Une vieille habitude ancrée depuis mon adolescence qui me laisse des cicatrices par vagues.

 

Alors bien sûr il y a des cas extrêmes, des filles (il paraît qu’on est majoritaires sur ce coup-là) qui finissent par avoir plus de séquelles que de lésions originelles, qui traquent la moindre irrégularité H24 et ne peuvent PAS s’en empêcher.

Je fais plutôt partie de la rive qui se modère, mais même si autrefois je me faisais des misères en moins de 10 minutes, addiction légère ou pas, le sentiment de honte reste le même.

 

La solution, pour les cas graves ou légers

Prendre du recul.

Quand ça me reprend, je ne fais pas attention, je voulais juste toucher à un bouton proprement et j’oublie de cadenasser les prochains gestes. J’ai de plus en plus le réflexe de ne toucher à ma peau que lorsque je fais un bain de vapeur, et c’est tout.

 

Éloigner les miroirs.

Plus on se voit de loin, moins on a une image détaillée de sa peau, une atmosphère qui vous fait mieux apprécier notre visage dans son entièreté et pas en millimètres carrés.

 

Penser aux conséquences.

L’écrire sur un post-it près d’une glace, se remémorer la dernière cicatrice qu’on a eu à cause de ça, et ne pas prendre à la légère ces gestes qui peuvent entamer l’épiderme mais aussi la dignité.

 

Traiter les imperfections sans manipulation.

En appliquant un produit asséchant par-dessus, en le couvrant d’un patch anti-spot, il faut éviter de manipuler la bestiole un maximum (sauf si un rendez-vous de prévu avec Adam Levine).

 

Un peu de self-confidence 

Je n’ai pas de quoi me plaindre honnêtement : j’ai les joues et le front lisse, les pores quasiment invisibles sur le visage et un menton qui a des cicatrices mais pas d’imperfections majeures quand je n’y touche pas.

Pas de vantardise, c’est le discours que je me récite quand je sens que la balance a du mal à s’équilibrer et que mes doigts se baladent un peu trop sur ma peau.

La majorité du temps, j’arrive à me contrôler (sans m’en rendre compte) et j’en fais une fierté.

 

Je pense que le geste est banalisé quand on voit la femme penchée vers son miroir dans tous les articles qui parlent de bubons hilares, on croit fermement au pouvoir du « deux doigts », de se retirer les points noirs sans précautions et toucher aux lésions sans faire attention.

Et puis une fois qu’on a vaincu l’acné, on fait quoi ? On ne va quand même pas arrêter de triturer notre toile juste parce que les pullulards ont migré sur une autre face ?

Si si, il faut même essayer de se contenir et trouver le moyen de ne pas transformer l’élimination d’un bouton innocent en un carnage facial sous prétexte qu’il gâche le paysage.

 

J’essaye d’avoir confiance en moi, d’être la plus objective possible quand j’aborde mon apparence : des fois je me vois encore comme un pore bourgeonnant sur pattes alors que je suis loin de ressembler à ça.
Old habits.

Je pense qu’il faut surtout être tolérant envers soi-même, ne pas chercher la perfection, être dans le lâcher-prise et le mouvement positif.

 

Si toucher à ses boutons avait été une solution universelle, tout le monde n’en serait pas là.

Mieux vaut occuper ses mains avec autre chose, un bouquin, et attendre que la nature fasse son affaire à l’indésirable.

Il finira bien par déguerpir, non ?

En attendant, j’ai trois cicatrices d’avant-hier à soigner, promis c’était la dernière fois.

 

Des bisous les Caribous !

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Caribouland
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19 réponses à “Le cas du bouton qui n’existait pas ou du « je touche à mon visage, je m’en veux après »

  1. Orphea

    Je me reconnais évidemment dans cet article, moi et mes vilains points noirs qui siègent sur mon nez malgré moi 🙁

    Et ça a beau faire des vilaines tâches rouges qui pèlent après, j’ai du mal à ne plus y toucher !

    On va dire que ça va de mieux en mieux, je suis moins brute avec eux. Et puis j’ai peut être trouvé un soin de chez Avène qui règle ce soucis mieux que mes doigts :p

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  2. Sixtine

    Encore une fois, J’ADORE !
    Non mais tes articles sont toujours tellement vrais et bien tournés !
    Et puis, à nouveau je me suis vraiment reconnue dans ton article, il faut vraiment que j’arrête cette manie … Surtout en vacances, j’ai pleeeein de temps et donc je passe super souvent devant mon miroir grrrr !

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  3. julie

    Merci Mona!!! Encore une fois je me retrouve dans un de tes articles. Je pense que celui la a tout a fait sa place dans ta rubrique sur les meilleurs articles 😉

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  4. Les causettes de Célestine

    Aaah, Mona! Vis ma vie… l’angoisse! Je suis atteinte de dermatillomanie aigüe. Un cauchemar, c’est le carnage tous les jours, je traque la moindre imperfection microscopique et je m’acharne (sur le visage, les jambes, partout en fait).
    C’est tellement con et je passe mon temps à m’en vouloir et regretter amèrement ce stupide comportement. Tous les jours je me dis « c’était la dernière fois » et aaaarrghhh je n’y arrive pas!!
    J’espère vraiment réussir à abandonner cette sale habitude un jour, parce que ça me gâche quelque peu la vie cette affaire.
    Merci pour ton article qui me parle et qui me donne envie de me foutre une bonne claque et qu’on en finisse une fois pour toute, sacrebleu!
    Bécots
    Célestine ^^

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  5. Bleu

    Merci pour cet article qui traite d’un sujet souvent tabou 🙂 je me reconnais pas mal dans ce que tu as écrit, d’ailleurs j’ai plusieurs techniques pour m’en empêcher : le vernis de couleur qui me « choque » visuellement quand mes doigts sont trop près de ma peau, la douche chaude qui fait de la buée et m’évite de m’éterniser devant le miroir… Mais pas toujours facile.
    Bref sinon je suis vraiment fan de ton blog.

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  6. Isabel

    Hello!
    Très sympa ton article, je me reconnais tout à fait dans tout ça. Certains soirs je dis même à mon cher et tendre « viens pas me border ce soir, je me suis triturer le visage je suis pas présentable! ». J’ai le même problème avec mes jambes, toujours à essayer de sortir les petits poils sous peau et je pense que j’en invente juste pour le plaisir … bref en effet prendre du recul, se fixer des limites, avoir de bon produits ça aide. On dirait un peu une maladie mais je me soigne, promis 🙂
    Bisous

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  7. Pauline

    Mais bien sur que moi aussi je connais ce phénomène ! Et plus je cherche à triturer, plus je me dis c’est mal mais plus j’enfonce mes ongles dans ma couenne ! Maso ? Sûrement ! Je prends même un certain plaisir à fouiner mon menton et mes mâchoires (là où se logent les indésirables !). Après je sors de la salle de bain, défigurée (oui, rien que ça !!!) en longeant les murs et en évitant mon mari !!! Ça vaut la peine de dépenser des blindes en soins et makeup pour de temps en temps faire un carnage sur la toile de fond !

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  8. Sika

    J’ai découvert ton blog depuis peu et la je devais laisser un commentaire car ça me parle beaucoup.
    Moi aussi je souffre et même si maintenant j’essaye d’éviter les miroirs depuis quelques temps je me gratte de plus en plus le visage et le haut du dos donc c’est pas terrible, j’ai pas mal de cicatrices d’acné et souvent des pustules et points noirs et blancs. J’ai toujours eu de l’acné et ma grossesse n’a pas arranger. J’ai envie d’essayer l’homéopathie enfin bref c’est une lutte sans relache mais je gagnerai j’y crois. En tout cas ton blog est super merci pour tout bises

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  9. Miss Teint Guette

    Ah, ah, ah! je me suis tellement reconnue dans cet article (surtout pour le rendez-vous avec Adam Levine ;). Dans ces cas là je suis tout à fait d’accord avec toi : prendre du recul et trouver un peu de self-control, ça minimise grandement les dégâts.

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  10. Aurore

    Ou comment faire tripler de volume un bouton qui serait parti relativement rapidement et sans embûche naturellement..
    Mais pourquooii ?? 🙂 A croire que ça nous plait d’avoir une montagne rouge sur le menton !
    En tout cas merci pour cet article qui fait office de rappel à l’ordre à mes petites mains…

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  11. Sasha

    J’ai eu la même manie pendant des années. A chaque fois je me disais « PLUS JAMAIS ! » et puis rebelote !

    Ça me prenait SOUVENT quand je m’épilais les sourcils…avec le miroir grossissant. Je m’oscultais la peau et donc catastrophe.

    J’ai stoppé l’utilisation du miroir grossissant et cette manie m’est passée.

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  12. ClomiKo

    J’ai beaucoup ri à la lecture de ton article. Je fais partie de la minorité d’hommes qui trouve jouissif de se défigurer et qui a ce sourire de « mission accomplie » en regardant le résultat dans le miroir.

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  13. Clara

    Comme je te comprend… Quand je suis en vacances, le fait de bouger, d’être heureuse, au soleil, à la mer, je me regarde moins dans le miroir, moins longtemps et de moins près, ça aide!
    Je me fais un masque quand ça va pas, essaye de le dégommer avec deux cotons tiges au moins, je met de la teinture mère de calendula, les patchs Yves Rocher m’aident beaucoup…

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  14. Dr Jekyll and Ms Hyde

    Je voulais justement faire un article sur la dermatillomanie ou l’acné excoriée sur mon blog… mais pour les boutons qui existent bel et bien. Car je pense que j’en ai souffert et que je suis en train de m’en sortir petit à petit. J’ai moi aussi mes astuces et pistes de réflexion.

    En tous cas, comme toujours, ton article est pertinent, très bien écrit et reste original même s’il traite de quelque chose de presque banal.
    Encore une fois merci.

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  15. Emmanuelle

    Trop top cet article, je me reconnais immédiatement.

    Ma grosse compulsion à moi, c’est de degommer du points noirs dans les cabines d’essayagges… (oui je sais c’est dégueu) Je ne sais pas pourquoi, mais l’éclairage révèle toujours ces traitres à ce moment là.
    Le hic, c’est quand il faut sortir de la cabione, ou même passer en caisse avec la tête de la fille qui a mis la tête dans un nid de guêpes…

    La honte ne tue pas, heureusement !

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