Catégorie : Humeurs

1 août 2013

Les blogs beauté sont non fiables, sans contenu et remplis de vernis

Ce matin, troisième jour de migraine, un peu dans le gaz mais carrément pompette à cause de la fatigue, ma soeur me sort un article de sous sa manche et me dit « tu devrais lire ça, c’est pas joli joli ce qu’ils disent sur les blogueuses beauté ».

Bon déjà, rectification du tir, moi je ne suis qu’une blogueuse « spécialisée » dans les soins de la peau, c’est ça mon créneau, mon dada, les actifs végétaux, l’épiderme en crise, la donzelle qui crie « pustule » sur le bord du trottoir.

Donc je me dis que j’aurai forcément du recul pour lire ce genre de compte-rendu blogosphérique.

Tu parles.

J’ai tout lu attentivement comme une bonne élève et l’article m’est resté en travers de la gorge.

 

Envie de faire dans le cynisme gratuit, ou dans la généralité abusive, que sais-je, ça a eu le don de me grimper sur le pompon.

 

Les sept vérités sur les blogueuses beauté selon Gaël

Magazine féminin belge // Gaël Août 2013

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1. Elles ont de l’humour…(Enfin certaines)

Bon là, pas trop de faux-pas, ça parle de Mouchtique très drôle et de Psycho et ses phrases assassines. Forcément ça tranche avec l’univers beauté-cul-cul que tout le monde se fait de la blogosphère beauté. Ils auraient du parler de Melon & Torchon tiens, pour rester dans le ton.

 

2. Elles sont vernies ! Ah ça oui !

La charmante journaliste dit que, chez eux, parce qu’ils sont fichtrement bien informés, ça va parler nouvelles technologies qu’une marque a mis 20 ans à développer dans son laboratoire mais que la pimbêche de blogueuse beauté, elle ne sait pas trop parler de ça, et que du coup ça se vernit jusqu’au derrière (les fesses bariolées, c’est funky).

Alors, de un, soit on nous prend pour des prunes incapables de chercher (une revue de presse c’est bien, mais ça ne révèle rien sur la vraie nature d’un sérum, dont on cache les silicones derrière « l’innovation hydro-activo-cellulo-pas-trop-tôt » qui t’envoie du rêve), soit on se dit que si la blogueuse elle ne cherche pas, et bien elle file fissa dans sa salle de bains pour se badigeonner les nongles, la langue coincée entre les dents pour une concentration au top.

Rapport choucroute.

 

3. Des esprits libres…Faut voir !

Je ne sais pas si vous êtes blogueuse à « beaucoup de tout votre » plein temps, mais personnellement, mon site fait corps avec mon esprit. Ce qui fait que je suis toujours en totale découverte de ce qui m’entoure pour être au courant de ce qui se fait et ne rien laisser passer.

La liberté des blogueurs, c’est surtout leur écriture, ce qu’ils veulent dire, ce qu’ils s’autorisent à révéler à leurs lecteurs, ou pas d’ailleurs.

 

Quand j’ai décidé de commencer à tester des produits de marques, il est évident que s’il s’était avéré qu’une crème pour le visage n’avait pas tenu ses promesses, il ne m’aurait servi à rien de lui lancer des fleurs dessus, parce que j’aurais :

  • perdu en crédibilité
  • me serais rendue ridicule (et gratuitement en plus)
  • je serais passée pour une tarte pas cuite

 

Ceci étant dit, si une blogueuse se fait sponsoriser par une marque, j’ose espérer que c’est parce qu’elle lui fait confiance et qu’elle a pesé le pour et le contre.

Sûr que si je me fais payer par Charal pour parler d’un steak alors que je suis végétarienne, il va y avoir un ch’ti problème dans le potager.

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4. Ce sont des As en marketing. Genre médailles d’or.

Ah bah, Gaël, t’es pas mal non plus. Démaquillages a son « question-réponse » sur la page d’en face et un rappel dans ce petit encart numéro quatre.

Un blog, au départ, c’est un lieu d’échange, alimenté par une personne qui souhaite rendre compte, comme dans un journal de bord, de ce qu’il a pu se passer au niveau personnel, politique, mondial, les envies ne manquent pas.

Une interview sur un blog et c’est une gommette ? Ne joue-t-on pas alors avec la limite qui sépare le journaliste du blogueur, qui, lui, peut souvent dire ce qu’il veut car il n’est pas limité par une contrainte financière, de hiérarchie ou d’éthique ?

Lorsque l’on fait de son site une source de revenu unique, la donne est tout de même différente, mais alors, autant tout arrêter, plutôt que de déblatérer des louanges sur une marque qui nous fait vomir.

 

5. Il arrive qu’elle écrivent pour ne rien dire.

Mon encart préféré, de loin. Parce que JE NE VOIS PAS LE RAPPORT entre un magazine qui ne sort pas le bon jour, mon chien qui pisse sur le pallier et moi qui le prend en photo pour amuser la galerie, et les articles écrits avec les pieds où les images sont tellement belles qu’elles nous font oublier que l’auteure ne s’est pas foulée pour écrire un texte de plus de trois mots.

Après, il y a testeuse et testeuse du dimanche, si on a pas l’intelligence de fermer une fenêtre où l’on a un compte-rendu plutôt mince sur le dernier hit en matière de make-up, c’est qu’on s’autorise à tomber dans le panneau.

 

6. Ce sont vos copines. Et les vraies alors ?

Encore une fois, dans quel monde vivez-vous ?

Depuis quand une blogueuse s’adresse à ses lecteurs comme à sa meilleure amie ? Qu’y a-t-il de mal à montrer ce qui traîne comme accessoires beauté dans le fond de notre sac ? (Tu sais bien, l’amas douteux et collant où se mêlent chewing-gum, brosse à cheveux et tampons).

L’idée même du blog, c’est de se vider la tête, de parler de ce qui nous passionne, nous dérange, nous fait envie, nous transporte. Alors si on veut faire de son site un journal « intime », why not ?

Il y en a pas mal qui existent, sous forme de BD ou autre, et qui nous rapprochent souvent de ressentis qu’on a pu partager pendant la semaine, c’est aussi l’échange sur des évènement platement quotidiens qui permettent parfois d’avancer. Alors si on est plusieurs à se réunir sur un site internet, les barrières paraissent parfois moins hautes, on se confie plus facilement.

L’humain et le naturel, c’est le plus important.

 

7. Les blogueuses, c’est le futur. Pas si sûr.

Pourquoi cette comparaison systématique entre les blogs et les magazines ?

Ils ont souvent l’impression qu’on joue sur les mêmes terrains qu’eux, qu’on complète le monde des torchons féminins.

Que neni.

La force du blogueur, c’est qu’il pourra dire ce qu’il veut, il n’aura de comptes à rendre à personne. Il pourra émettre un avis négatif sur MAC, on ne lui renverra pas un pot de poudre libre à la face.

Les blogs sont pourtant bien souvent plus à jour que les magazines, plus à la pointe, plus précis, et ciblent souvent de vraies problématiques (mise en situation, budget réduit donc plus d’inventivité que lorsqu’on fait partie d’une rédaction).

 

Je ne suis donc pas du tout d’accord avec l’idée « qu’un magazine permet un traitement plus approfondi de l’info ». En tout cas pas les papelards que je connais, et qui à l’heure actuelle sont souvent :

  • en retard sur les tendances beauté
  • à la ramasse parce que même si la régie publicitaire est séparée de l’espace rédactionnel, il reste qu’on voit encore de trop les placements produits dans des phrases glissées par-ci par-là
  • trop peu intéressés par les innovations à l’international, les tutos de youtubeurs archi-connus, etc.

 

La dernière phrase mérite une ola, un super shooting réalisé par des artistes photographes ne suffit pas. C’est comme un mannequin magnifique qu’on aura habillé avec une robe de soie, elle sera JUSTE belle, mais sans charme où est l’envie ?

 

En bref

On apprécie le « c’est quoi un bon tuto ? » avec une réponse qui n’en est pas une (et une petite promo en outre).

Et je passerai sur la mise en avant de Garance Doré et de Babillages, qui sont, certes, des sites très bien lissés et accessibles, mais la blogosphère a plus de contours que ces éternels « gourous » qui restent souvent sur les mêmes routes (et me barbent).

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Conclusion

Je pense que, de plus en plus, et face à l’ampleur du phénomène que constituent les blogs en général, les responsables de magazines ont souvent tendance à banaliser tout ce qui se fait sur internet pour donner un avis hautain et tranchant sans prendre la peine de creuser trop profond.

Auraient-ils peur qu’on prennent leur place ?

 

Je déplore qu’il persiste encore trop de condescendance envers les blogueurs beautés, à ce jour.

Certes, il existe des sites qui ne méritent même pas d’être et qui pourtant, grâce à leur contenu tellement succinct qu’il en devient inutile, arrivent à se placer dans le peloton de tête en terme de popularité.

Mais il faut devenir un as du tri, savoir se renseigner et puis apprécier les vraies belles découvertes, ces autodidactes qui sont devenues des artistes, ces passions qui donnent de la couleur à la blogosphère, ces accès de folie qui font voler les pigments.

La beauté ce n’est pas qu’une affaire de superficialité, mais aussi de redonner confiance, de se prendre pour quelqu’un d’autre, d’innover dans des matières qui donnent envie de se faire belle et de s’aimer.

 

On ne peut pas plaire à tout le monde, mais qu’on ne vienne pas me faire croire A MOI que les blogs beauté sont tenus par des idiotes, j’ai une liste longue comme ça de fifilles au talent grand comme le ciel.

 

Non mais !

Caribouland
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17 juillet 2013

Puduku évolue du ver à la limace

 

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Hier, entre un scampi et un morceau de mangue, j’ai senti la crève s’installer.

La bonne vieille, celle qui te donne envie de te rouler dans un plaid et de te la jouer saucisson aigri qui pense qu’il va mourir dans la minute qui suit.

 

J’ai pensé que j’étais sûrement en train d’agoniser en partie parce que je vis dans un appartement où chaque électroménager a décidé de planter depuis qu’on est arrivé, et que ça me fait me sentir coupable alors que je suis innocente.

Je joue avec ma vie depuis quelques semaines par la même occasion et je commence à en avoir ras le pompon.

 

Avant-hier, j’ai bu pour la troisième fois en deux semaines du lait caillé, et vomi  dans la foulée.

A l’aube comme ça, rien de plus efficace pour se réveiller.

Trop absurde pour être une coïncidence, je me suis demandée si le frigo tournait comme il fallait pour me flinguer trois boîtes de lait sans lactose à deux euros la pièce en aussi peu de temps.

Puis je me suis dit que la limace avait encore frappé et que le frigo faisait de la résistance en m’envoyant de mauvaises ondes.

 

La limace, c’est puduku-le-colloc, celui qui a atteint un niveau de connerie jamais égalé en étant toujours aussi peu conscient d’être un nigaud.

Décidant qu’il n’avait pas encore atteint le summum quand il avait commencé à bâtir une fausse cloison « insonorisée » avec du placo et des boîtes d’oeufs bombées en argent et mauve par ses soins, il s’est mis à cumuler.

 

Il y a d’abord eu les larves.

Que je vous explique : en milieu chaud, une mouche ça pond, puis se développent très vite des vers qui rampent comme des couillons sur les dalles en espérant échapper à ton balai.

Lui, il avait décidé qu’avec un spray anti-mouche, ça allait bazarder la vermine aux zoubliettes.

Un heure après l’avoir entendu faire son ramdam, je me pointe dans la cuisine où il m’annonce, fier comme un coq qui vient de féconder tout le poulailler, qu’il a nettoyé toute la mini-terrasse et qu’il n’y a plus l’ombre d’un parasite.

Soit, ça sent l’ammoniaque jusque dans mes poumons du coupje me décide à le croire.

 

Quand il s’en va s’installe un doute persistant dans mon esprit, une intuition féminine tu vois, qui commence à crier WARNING à pleine voix parce que, comme quand t’es malade, tu as le pressentiment qu’il y a un stuut qui tourne pas rond.

 

Comme de juste, en ouvrant la porte je tombe nez à nez avec une colonie de vers qui gambadent incognito en pensant qu’on ne leur fera pas la misère.

C’est tropfort : Puduku a donc nettoyé quelque chose, mais apparemment, il a pris soin d’éviter la vermine.

COMMENT CE FESSE ?

 

Quelques semaines plus tard, alors qu’il a encore entrepris de battre le record d’élevage de tasses usagées exposées sur le lave-vaisselle (et non DEDANS, le chemin vaisselle-machine à laver n’a toujours pas l’air de faire écho dans son esprit), il me fait vivre une nouvelle aventure.

Un matin, je rentre pouilleuse de soirée, je sens la fumée, je ne suis pas clean des pieds, j’ai juste envie de me jeter sous la douche et de faire la fête au gel moussant. Je fais durer le plaisir et reste dans mes odeurs corporelles le temps d’une tasse de café, d’une doudouce au chienchien à sa mémère, et de faire un tour sur le net.

Bon ok, je fais la glandue pendant trois heures.

Et de loin, j’entends Puduku en grande forme, qui émerge déjà à midi (gros spectacle, la limace qui décide de s’extirper de son antre en milieu de journée), et qui annonce à la femme de ménage qu’il va « faire des courses, des petites soldes, organiser ses vacances » et qu’il ne rentrera pas tout de suite.

Je ne sais pas de quelles vacances il parlait, mais moi je pensais que tous les jours il était en repos vu sa pose avachie dans le canapé.

 

Même les coussins avaient pris la forme de son corps.

 

Bref, je me dis que l’adorable polonaise qui prend déjà la peine de ramasser ses crasses doit surtout être contente qu’il se taille, et moi j’en profite pour m’armer de mon essuie de bain et me pointer dans la salle de bains pour me refaire une beauté.
Tropcontent d’avoir eu une baignoire pour lui tout seul ce jour-là, il a du avoir un court-circuit dans la caboche parce que dans ma tête ça a ricoché tellement violemment que j’aurai pu le pendre, le Puduku.

De grand matin, TOUT son linge sale macérait dans la baignoire dans une eau blanche de produit à lessiver d’où on voyait des fringues flotter à la surface comme des corps morts.

 

Donc.

Je pense que j’ai buggué à ce moment-là, je m’imaginais me doucher en plein milieu de cet amas humide, j’ai eu des frissons de dégoût qui me sont remonté si haut que ça devait toucher le ciel.

Et j’ai reclaqué la porte sans intention aucune de remettre les pieds dans cette pièce de toute ma vie.
Les heures passent, l’ignare a sûrement décidé de faire des grosses soldes parce qu’il ne se montre que quatre heures plus tard, au moment où, comme de juste, il doit repartir fissa pour son boulot.

Il affiche sa tête à la porte de ma chambre et me demande si, à 16h, j’ai besoin de prendre une douche.

Je lui répond « bah oui », j’ai envie de rajouter « connard, ça fait une plombe que j’attends », pendant que je m’imagine lui scalper la tête et en faire des lamelles de viande à donner à manger à mon chien.

Il répond « ha zut, je devais justement repartir travailler », du coupil se dirige comme un obus vers la femme de ménage qui s’apprêtait à déguerpir et il lui demande de vider la baignoire.

 

HALLU-CI-NANT d’incroyablité.

 

Elle a fini ses heures de boulot, elle est déjà en tenue de ville, et il la harponne sur le pas de la porte comme si c’était normal de demander hors heures facturées de ramasser son bouzin.

Elle l’a quand même fait, mais elle a bien laissé ses fringues imbibées de savon, je suppose qu’elle lui en voulait un peu aussi.

Les habits sont toujours sur le rebord du bain, je suppose qu’un jour un arbre va pousser de l’aisselle d’un de ses t-shirts.

 

Je pensais avoir atteint le fond, mais une limace a une vie à l’humour folklorique.

La dernière énormité en date c’est Puduku qui s’achète un lit, un lit électrique.

 

Et alors qu’on mange au restaurant où il sert, il sort en plein milieu du service de nos assiettes « et Mona, t’as pas besoin d’un lit ? Comme j’en ai acheté un nouveau, je te donne le mien ».

 

Je regardais le pain que j’étais occupée à beurrer, j’avais une olive en bouche et la main crispée sur le couteau.

Je pensais que j’avais mal entendu, mais apparemment, il pensait vraiment que j’allais dormir ne serait-ce que sur le même sommier que lui.

Mais dans quel espèce de monde il évolue, le bougre ?

 

Je préfère me couvrir le corps de jambon de parme et défiler pour la fashion week à moitié nue que de me coucher là où il s’est déjà étalé comme une carpe.

 

Daaah.

Bouaaaaah.

 

C’est tout ce que ça m’inspire.

On le pousse toujours plus loin, mais il fait comme la vague qui revient sans cesse sur le rivage, il ne comprend rien.

Pour tout vous dire, je suis même presque sûre que c’est son idiotie qui m’a rendue malade.

 

J’ai plus qu’à m’enterrer sous ma montagne de mouchoir en regardant Moi Moche & Méchant, tout en priant pour qu’il ne me parle pas de la journée.

De toute façon s’il me cause, je pourrais lui répondre en faisant des gargouillis ou une imitation de stitch plutôt approximative.

 

A mon avis ça suffira pour le tenir éloigné quelques heures.

Caribouland
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8 juillet 2013

Faire la moule sarde sur le rocher

« Non mais allo quoi, tu pars pas en vacances ? C’est comme si je te disais t’as un bikini dans tes tiroirs mais tu ne sais pas cuire un calamar avec, allo ? »

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Moi je la connais la frénésie à la belge : dès qu’il y a un rayon de soleil, tu vois des hurluberlus traverser les rues avec un crocodile gonflable sur la tête, les tongs qui cisaillent leurs doigts de pieds et la bedaine qui dit bonjour au monde entier.

Des ringards comme ça, j’en ai vu des milliers depuis que je suis petite, et cette petite hystérie qui s’installe pendant les premiers beaux jours de l’été me fatigue.

Les questions fusent, on se prend toujours la même dans le visage :

« hé dis, tu vas où ? »

Tout le monde sait que le « où », c’est le FAMEUX, celui qui englobe le « vamos à la playa », « mojito et bella dona », et « t’as pris la crème solaire ? ».

Cette année, je n’ai pas de où, cette année je reste en Belgique.

 

Un peu cramponnée à ma bouteille d’eau thermale, je fais des râles de vieille dame en train d’agoniser, et dès que le mercure affiche plus de vingt degrés, je m’imagine être une tranche de boeuf qu’on fait gémir sur un barbec avec de la sauce béarnaise étalée sur tout mon corporel, je glisse et je crame.

 

M’imaginer arpenter les rues pour dégoter l’offre du siècle pendant les soldes, c’est hors de question.

Mon argent gèle dans mon portefeuille, c’est d’ailleurs sûrement l’endroit le plus frais de tout l’appartement.

Y en a qu’un qui profite comme un tapis hindou de la situation, c’est le chien couché par terre qui se la joue descente de lit. Parfois il erre comme un petit animal mexicain à la recherche de son oasis, puis il se recouche.

 

Le pied, la banane.

Et puis ils ont quoi tous ces gens à parler d’Espagne, de Portugal, de marches en montagne, et de kitesurf ?

J’ai du sang sarde moi, à midi c’est le repas, à 14h la sieste, à 18h on se fait beau, et à 2h on va se coucher.

 

J’ai sûrement plus d’affection pour le farniente que les vacances organisées, celles où au saut du lit, on vous prend par les mains pour les accrocher à la taille, et hop, c’est la chenille qui redémarre.
Chorégraphie le matin, karaoké, t-shirt du club et tutti quanti, je trouve pas ça olé olé, je préfère flâner loin de la foule.

 

Cette année donc, je n’ai pas de où. Je ne pars pas.

La Sardaigne me manque, un peu beaucoup, mais je n’ai pas envie de voir une autre mer que celle que je vois quand je sors de l’hôtel à Cala Gonone, pendant qu’on me sert un cappuccino moustache, celui qui laisse le dessus de la lèvre taché de mousse blanche.

 

J’aime bien l’été, mais il a moins de charme en Belgique.

Sauf pour les moules-frites.

Caribouland
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24 juin 2013

Totoche se remet à courir #Season3episode1

Totoche c’est moi.

C’est « sale caboche, tu vas bouger tes fesses oui ou merde ? ».

Parfois je me répondais « merde », pour faire dans le ton.

 

Mais depuis que je suis devenue une boule de feu, qui ne fait qu’être sur les nerfs les trois quarts du temps parce que :

  • pas d’emploi pour bitcher sur les collègues
  • pas de rebonds de fou furieux dans ma vie personnelle
  • mon chien mange mes vieux mouchoirs en papier
  • et puduku le colloc continue à faire un élevage de vieux sachets de thé dans la cuisine sans trouver le chemin de la poubelle

 

J’ai décidé que c’était fini, que si Totoche elle voulait être zen, avoir de belles jambes et un ventre un peu plus tonique, il faudrait qu’elle se remette à courir.
Et que surtout ça lui servirait à être plus tolérante et moins tendue au quotidien.

Okay.

Ni une ni deux (ni trois d’ailleurs), j’ai chaussé mes espadrilles de sport à 100 balles le 22 juin, et je suis partie avaler du terrain sans penser à rien.

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Trois kilomètres plus tard, après un fractionné de 5mn de course pour 2mn de marche, je suis rentrée chez moi et j’avais la sensation d’avoir rempli l’espace entre mon corps et mon esprit.

Ça faisait du BIEN.

 

Pourquoi j’avais arrêté

J’avais commencé la course à pied en novembre 2010, j’y allais même plutôt régulièrement, tous les deux jours j’affrontais les éléments jusque fin décembre.

Je ne faisais jamais de très grosse sorties, ça tournait toujours entre trois et 4 kilomètres.

Puis c’est devenu plus sporadique.
Peut-être parce que j’avais moins de temps pour penser à moi, parce que la fin de mes études et les échecs probables me prenaient plus de temps à régler que mes bourrelets.

J’ai donc arrêté de courir.

sleek-mag.com-wp-content-uploads-2013-04-NIKE_SU13_WE-OWN-T.jpg Si j’y suis revenue de temps en temps depuis deux ans maintenant, c’est sûrement parce qu’il y a quelque chose au fond de moi qui a besoin de se surpasser, de prouver que je peux au moins réussir à repousser mes limites en courant, qu’il n’y a pas grand chose qui peut m’arrêter à part mon mental.

Je ne suis donc plus dans une optique de réussir pour réussir, mais m’engager pour m’accomplir, c’est sensiblement différent.

 

La vidéo de LNRUN

C’est en tombant sur le témoignage de LNRUN que j’ai eu un flash.

Parce que ce qu’elle éprouve prouve qu’un sport comme la course à pied ce n’est pas seulement se traîner sur le bitume et essayer d’aligner quelques foulées sur des kilomètres, c’est aussi un moyen de renouer avec des choses essentielles : reprendre conscience de son corps, avoir un regain d’énergie à chaque fois qu’on arrive un peu plus loin, jouir d’un développement intellectuel d’un autre genre.

C’est moins la performance qui m’intéresse que l’idée de pouvoir me vider totalement et de terminer une séance sans que j’ai eu à faire face à qui que ce soit.

Je suis juste face à moi-même dans ce genre d’exercice, et c’est ça qui me plaît.

 

Le plus dur ?

C’est de se lancer à nouveau.
Je me souviens que les premières fois, je me demandais bêtement ce que les passants penseraient de moi.

S’ils me riraient au nez, s’ils seraient compatissants ou encore condescendants en me voyant me traîner comme une aubergine pas cuite sur le macadam.

Sachez que personne ne vous regarde quand vous courez.

C’est un peu comme la femme qui passe avec sa poussette, le gars en combi sur son vélo, ou les ouvriers des travaux publics, ça fait partie du paysage et personne ne regarde le paysage.

nikee.jpgSauf ceux qui courent.

Après, bien sûr, il faut aussi avoir une motivation, un déclic, une envie sous-jacente qui pousse à mettre ses chaussures de run pour aller courir.

 

Ça peut être très personnel, ça peut être général, ça peut être parce qu’on a envie de se prouver qu’on peut accomplir un bon temps au prochain marathon que notre ville organise, que sais-je.

Il y a toujours une raison plus profonde ; j’ai rarement vu des coureurs déclarer : « je vais faire mon jogging pour regarder les oies se baigner ».
Non.

Me concernant, j’ai décidé que ce serait ma thérapie anti-stress, histoire d’éviter de retomber dans un traitement médicamenteux longue durée pour ma migraine.

Je vois ça comme un engagement envers mon corps pour combattre mes maux de tête chroniques en étant dans un meilleur état d’esprit.

 

Ce que j’ai découvert sur la course à pied

J’ai vu un reportage sur Arte expliquant pourquoi l’homme était fait pour courir, et qui remontait l’histoire pour arriver aux temps modernes et analyser l’impact du port d’une chaussure de sport dans le cadre d’une pratique régulière d’un exercice physique comme la course.

Ca a un peu remis en question mon usage des bonne vieilles baskets qui se donnent à force de les mettre et il se pourrait que j’essaye le bare foot (course à pied « nus ») pour voir l’effet que ça fait quand j’aurai un meilleur niveau.

 

Donc Totoche, elle va continuer

J’ai couru 3 kilomètres ce midi sans aucun fractionné cette fois (juste un temps de marche au début et à la fin de la sortie pour s’échauffer et récupérer).

Ça me fait déjà deux courses dans les jambes depuis la reprise, et même si je m’étais jurée d’y aller mollo, je reconnais cet effet addictif sur moi les premières fois.

C’est après que je lâche en général, mais avant je n’avais pas d’objectif, c’est peut-être ça qui fera la différence.

nikeee.jpgComme cette fois j’ai fais un peu plus de recherches sur les différents plans d’entraînement pour débutant, tout ce qu’on peut espérer comme évolution quand on recommence à s’entraîner, je pense que je ne vais pas trop m’ennuyer.

J’utilise toujours mon kit Nike+ Ipod, ça me permet de mieux suivre mon évolution, et ça m’avait bien servi il y a deux ans (je n’ai d’ailleurs toujours pas changé le capteur, que j’éteins entre chaque séance pour ne pas qu’il pompe pour rien sur la pile).

J’essaye de manger mieux aussi, histoire d’être cohérente dans ma démarche, même si au départ c’est plus une recherche de bien-être que de fonte corporelle.

 

Enfin voilà

Je ne sais pas trop pourquoi j’ai voulu m’expliquer comme ça, il y a des gens qui se prennent moins la tête, je suppose, quand ils entament un sport.

J’ai toujours besoin de m’investir et d’avoir un but, sinon je zigzague comme une taureau drogué dans une arène et je m’égare.

Il me faut un cadre.

 

Je vous recommande les sites LOVELIFERUNNING, COURSEAPIED, ATHLETE-ENDURANCE, qui restent les trois références que je conseille le plus souvent aux gens qui veulent se renseigner sur la course à pied.

J’arrête pas de bouquiner le net pour éviter les blessures, savoir quoi manger, comment m’équiper et quels parcours de course valent la peine.

Bref, je fais la même chose que quand j’avais accueilli mon chihuahua à la maison, je m’éduque.

J’arrête pas.

 

Bisous les Caribous !
Saison 1 épisode 1
Saison 2 épisode 1

Caribouland
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13 juin 2013

Sans statut

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Je pensais qu’en finissant mes études, tout irait vite.

Que mes compétences seraient gage de qualité, qu’elles donneraient envie de travailler avec moi.

Que je serais quelqu’un qu’on a ENVIE d’embaucher sans se poser de questions.

 

En réalité, il n’y a pas d’envie dans ce monde de brute.

Tout le monde passe par un trou de souris pour essayer de décrocher le job de ses rêves, et tant pis si la foule en écrase certains.

J’ai un peu du mal avec cette notion de gagne, d’y arriver à tout prix.

Je sais qu’on a rien sans rien, et que, qui reste assis ne se cause que du soucis.

Quand je suis volontaire, je postule puis j’attends incrédule, parfois on ne me répond rien parfois je fais des tests auxquels j’échoue.

 

La déception est moins grande quand on s’imagine déjà rater la marche.

C’est ce qu’il me manque, le pouvoir d’y croire, celui qui s’est tellement affadi depuis quelques mois qu’il n’a plus que la taille d’un petit pois insignifiant.

J’ai l’impression de souffler sur un feu dont on m’enlève les braises une à une, qu’on ne me laisse jouer qu’avec une carte quand les autres ont un accordéon de possibilités.

 

C’est dur d’encore se dire qu’on est bon, qu’on vaut quelque chose, quand on est dans cette période de transition, celle où l’on sort de ses études, qu’on n’est pas encore au chômage, sans véritable statut à part celui de demandeur d’emploi.

Je demande à travailler.

Et je me sens inutile en attendant, c’est surtout ça.

 

Mais, si personne ne peut changer le cours des choses à part moi, comment avancer quand on ne sait plus trop quelle direction prendre ?
Comment garder un cap quand Madame Motivation baisse les bras, elle aussi ?

Il faut rester motivé, attendre qu’une opportunité se présente, plonger, et espérer avoir atteint son but sans s’être fait doubler.

Bah oui, c’est aussi simple que ça.

Je fais de mon mieux en tout cas.

Caribouland
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