Catégorie : Humeurs

19 mars 2012

Tout ce qu’on vit

Je m’imagine ces lettres qui ne trouvent pas leur chemin, se perdent dans une boîte, se retrouvent dans la mer.

Ces histoires qui se baladent, d’ici à là-bas, que l’on partage plus ou moins fort, ou bien pas.

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Je fais des rêves parfois,

d’une mémoire entière,

qui regrouperait toutes les images que nous voyons ou aimerions conter.

Comme d’un espace unique qui fourmillerait et donnerait tout ce que nous pensons en une même terre.

J’ai des frissons, ça m’inquiète.

 

Pendant que je suis paisible dans une rue, un temps parallèle réuni un tueur et ses victimes.

Il y a des histoires que j’aimerais raconter, à des gens qui en auraient besoin.

Il y a des histoires qui se perdent, d’une oreille à la bouche, des miettes dans la tête.

Je t’ai dit, ça m’inquiète.

 

On s’excuse, on danse de l’autre côté de la planète, on applaudit des artistes, on pleure un nouveau décès ou une naissance.

On vit tant de choses ensemble que tu ne vois rien.

Il y a le nombril et ceux qu’on aime.

J’aime tellement les humains.

Caribouland
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17 mars 2012

Mes gros seins

Quand je vois les filles dans la rue, qui ont des seins moitiés moins pleins que les miens, parfois j’envie, parfois je jalouse, parfois pas du tout, mais je me dis que dans certaines situations elles doivent avoir moins de lourdingues sur le dos.

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Quand je tombe sur le mec qui a voulu me taquiner là-dessus, de manière un peu trop ostentatoire, ça m’énerve.

Parce que je ne fais rien pour les montrer, que j’ai toujours des T-shirts jusque-là quand je vais bosser, mais qu’apparemment j’aurai du me ligoter la poitrine façon momie, pour éviter qu’on me regarde.

Alors c’est vrai, je suis fière, tout ce que tu veux, mais ce genre d’attributs ça transforme une journée paisible en attrape-débile, l’homme pensant que de te faire des blagues graveleuses te donneras envie d’être sympatoche et de limite lui laisser toucher un bout.

Mais non.

En quoi le fait que j’aie 2 kilos de bidoche en plus que la moyenne donnerait le droit à un quidam de me tripoter le cerveau avec des allusions malsaines et ce jusqu’à plus soif ?

Je suis fière de mon corps, sauf une fois par mois, mais en général je l’aime.

Avec ses rondeurs là-haut, et sa minceur en bas.

J’aimerais bien être une femme qui puisse faire ce qu’elle veut, mais dans ce genre de situations, je me demande chaque fois où commence la tenue qui fera fuser les commentaires.

Quand je met un décolleté, ça fait obscène pour tout le monde, alors qu’on voit que la naissance de mes seins.

Quand je mets un haut couvrant on me demande pourquoi je ne suis pas plus féminine.

Et quand je mets un bête col rond, apparemment ça moule un peu trop.

Alors quoi ?

Alors rien madame.

Être une fille avec des formes généreuses, où qu’elles soient, c’est toujours moins simple à assumer.

Ça tient à l’image de l’opulence, qui serait trop voyante, manquerait de faire vaciller les gens qui en ont moins, les gars qui n’y auront jamais droit.

Parfois j’ai l’impression qu’on m’oblige à avoir honte de ce que je suis, pour permettre à d’autres de mieux vivre dans leur suffisance.

J’aimerais bien que mes deux seins se sentent aussi bien que moi, j’y travaille grandement.

Mais y a des jours, j’assommerais bien certaines personnes avec mes pamplemousses, que ça envoie sur les murs et résonne dans l’air comme un claquement sec.

 

Merde quoi.

Caribouland
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14 mars 2012

Tous ces bouquets de pensées

Quand je me lève le matin, j’ai déjà des pensées dans la tête, qui se baladent, vaguement claires, souvent diffuses, mais pourtant là.

Des pensées qui me suivent, du matin au coucher, dont j’ai du mal à me débarrasser, qui peuvent prendre trop de place, dont je ne peux pas me défendre.

Et plus j’essaye de m’éloigner de moi-même, plus je me crée un monde où tout tourne autour d’un seul thème.

En chien qui se mord la queue, je tourne en rond.

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C’est comme de vivre avec deux penchants en moi, la fille qui pense trop et celle qui ne dit rien. Y en a souvent une qui parle, et je me retrouve avec dix personnes dans un corps qui ont chacune un avis différent.

Je danse d’un pied sur l’autre, je suis dubitative, pensive, ou juste complètement larguée.

J’ai des frissons, envie de crier et de boire un café bien fort.

Alors pour m’en sortir j’écris, ou je dessine, j’essaye de réunir tout ce que j’ai pour en faire des lignes, des gros traits noirs. J’appuie un peu plus pour que la plume crisse.

Puis souvent, la plupart du temps, je préfère être celle qui est dans le coin de la classe, qui observe tout mais ne lève jamais le doigt.

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Parce que, tu sais, c’est toujours plus simple d’abandonner, même si je ne le fais jamais vraiment.

Si je laisse tomber certaines idées, je n’ai plus l’envie, plus la rage, celle qui fait pousser les murs, donne envie de gravir des montagnes.

J’ai dans ma tête des bouquets de pensées qui se portent comme un charme.

Ils ont des couleurs à tomber par terre, illuminent le cerveau du plafond au plancher.
Il y a des pensées qu’on ne peut pas jeter, alors j’ai fait le tri.

Et ça va mieux depuis.

Caribouland
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13 mars 2012

L’allée des Sakuras

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« Quand je me perds, au printemps, j’échoue dans l’allée des cerisiers, celle qui suit directement la rue des pavés en prenant juste à droite.

En ce moment de l’an, les bourgeons s’épanouissent comme de petites perles rose, avec dans l’air la patience d’éclore bientôt.

Et moi,comme toujours, j’attends, j’attends encore, que les pétales tombent sur les trottoirs et forment une rivière rose et douce sous mes pas.

S’il y a bien une chose à voir par chez moi, c’est les Sakuras. »

Caribouland
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8 mars 2012

Les pharmaciennes

Quand, comme moi, on n’a pas la santé super strong, et qu’il nous arrive de bouffer les ordonnances comme un aspirateur, on se retrouve souvent à devoir aller poireauter en pharmacie, et ce pour le plus grand plaisir des gens qui s’y trouvent.

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Je connais deux sortes de pharmacies : celles qui sont énormes et où tu as trois secondes pour regarder les produits (au cas où tu viens te réapprovisionner en Vichy, Avène, et tout le toutim) et celles où tu n’as pas ce temps-là, et l’espace entre toi et le comptoir est fortement réduit du fait du peu de place.

J’ai une grosse préférence pour les grandes pharmacies.
A priori.

Mais j’y mettrais bien les employés des petites pharmacies, histoire d’allier plaisir du regard à plaisir d’y papoter.

 

Les pharmaciennes, en général, sont adorables, peu insistantes, elles font leur job comme il se doit.

Puis t’en as d’autres qui te harponnent comme si tu étais le nouveau poisson dans le ruisseau, quitte à te mettre mal à l’aise, et puis d’ailleurs tant mieux si t’es mal à l’aise, ça te fera acheter plus vite un produit dont tu n’avais même pas besoin au départ.

En somme, je ne connais qu’un seul établissement comme celui là.

Les deux pharmaciennes sont derrière leur comptoir, telles des tenancières de bar et attendent qu’on leur parle de la commande du jour. Si tu ne viens pas à elles, elles foncent sur toi, demandent quel est ton problème, est-ce que tu es sûre que tu as ce problème ? (bah oui quand même, vous allez me faire douter), est-ce que tu ne veux pas plutôt ce produit là qui coûte le double, mais dont tu n’as jamais entendu parler, plutôt que celui d’une marque qui a fait ses preuves en coûte bien moins cher ?

Ca a un goût de « aie confiance » façon livre de la jungle, ces deux pharmacienne-là seraient capable de me faire croire à des maladies que je n’ai pas, c’est dire l’incidence qu’elles ont sur leurs clients.

Pourtant elles sont vieilles.

Et carrément moches.

Il y en a une qui est plus commerciale que l’autre, la seconde préférant te faire quitter la pharmacie sans rien en te disant « je vous laisse réfléchir ».

 

Je ne sais pas si c’est l’établissement en lui-même, qui serait coincé entre deux mondes, comme le quai de gare dans Harry Potter.

Toujours est-il que d’y entrer me donne toujours l’impression d’être tombée dans une faille temporelle.

Je dois m’accrocher à mes convictions, préparer mon speech à l’avance, c’est bien plus crevant que de seulement choisir ses produits comme une acheteuse lambda.

 

Il y a une seule pharmacie que je connaisse où quand j’y entre c’est le pays des bisounours.

Elles ont toutes des blouses blanches, des sourires jusque-là. Il y a des employées qui sont voilées, choses que je n’avais jamais vu dans mon quartier, et tout a l’air de tourner comme si il y avait un parfum d’extase dans l’air.

Alors, je ne sais pas si c’est forcément mieux que les deux mégères, mais je préfère les dames sourire.

Et puis, s’il y avait moyen, j’aimerais encore mieux avoir un pharmacien.

Caribouland
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