6 mai 2015

« What’s that smell? » perfume, 1996 de Byredo

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Je suis vraiment en demande de ce que j’appelle les « what’s that smell »-perfumes », autrement dit ces parfums un peu hors limite, que peu de gens connaissent et pour lesquels on vous arrête en rue pour – bon dieu – vous demander « quel est ce jus que vous portez ? ».

Peu importe qu’il mette tout le monde d’accord, tant qu’on le remarque, qu’on intrigue, qu’on balance des molécules aromatiques dans l’air en enlevant son écharpe. C’est un brin de décadence, un peu de nonchalance assumée, puis surtout une poésie qui s’infiltre et tient les autres en haleine.

Je veux tout ça dans le spray du matin.

 

Cela faisait plusieurs semaines que j’étais à la recherche d’un parfum, un vrai de vrai, qu’on n’aurait pas déjà senti sur tout le monde, la garantie d’un luxe qu’on s’offre à soi-même sans cligner des yeux, je voulais une première signature olfactive.

Je vois les parfums comme des bijoux qui habillent le décolleté sans se montrer, un peu de soi qu’on offre aux autres en marchant dans la rue, quand le coup de vent nous rattrape, je voulais quelque chose de corsé, d’ambré, qui éclate.

 

J’ai vraiment eu du mal à choisir, mais on m’avouait que le premier n’était finalement que celui qui ouvrirait le bal aux autres, qu’un flacon ne serait jamais seul sur son étagère.

J’ai donc été vers ma première intuition, 1996 de Byredo, le petit mystère.

 

Mon instinct a joué en sa faveur, parce que la première fois que je l’avais senti, j’avais eu un mouvement de recul et d’attirance passagère, une attraction de rejet, une envie de serrer quelqu’un dans mes bras en lui parlant crument, pas forcément joyeux comme ambiance.

Je lui trouvais aussi un fond de nostalgie, un passage vers mon enfance, je n’arrêtais pas de répéter « je connais cette odeur, je n’arrive pas à mettre la main dessus, mais je l’ai déjà connue, didju ».

Puis, l’amour se traduit par un échantillon dont on use et abuse, on pleure quand il se finit, signe qu’il est temps de succomber.

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Dans mon nez (pas expérimenté pour un sou) : la première salve ressemble surtout à des buissons chargés de baies mauves et fleurs liquoreuses, quelque chose de très envoûtant qui met une belle claque presque gourmande avant de se calmer – pas de sucre, c’est une gourmandise distinguée. Ensuite, je sens une note un peu plus acidulée (la violette donc) qui s’entoure d’un peu plus de noirceur et reste sur ma peau, dans les dernières heures du jour, surtout le cuir et l’ambre, une odeur riche qui coule comme un bon grog au rhum.

 

J’adore ce parfum, même s’il n’est pas facile, même s’il est très fort à la première bouffée. Il tient toute la journée comme une étoffe invisible, il revient à mon nez quand j’ai un petit coup de mou et que je m’emmitoufle en rentrant le menton dans mon cou, j’ai beaucoup trop d’admiration.

Jamais, si je n’avais connu Dominique, je ne me serais penchée vers ce monde-là, qui a cette réputation tenace d’être un univers à part où les gens s’inventent des notes de coeur et de tête en laissant de côté les plus débutants.

 

Pourtant, il s’agit d’une rencontre, il suffit de partir sur ce que vous aimez naturellement, les fleurs, les agrumes, les odeurs plus terreuses, ou ambrées, les cuirs ou les poudrés, il y a forcément un axe qu’on suit naturellement.

Il est dommage qu’on discute peu de parfum, penchés sur la table pour rendre la conversation plus suave, qu’il s’agit d’une pirouette qu’on laisse au matin sans en parler, comme un doux secret, une passion qu’on souhaite taire.

 

Je trouve le geste si élégant, le flacon de 1996 qui se love dans la main, je retire le bouchon, j’appuie une fois et le ton est donné. Et puis, puisque l’odeur dure la journée, j’ai juste le regret d’avoir attendu si longtemps avant de fouler la terre des nez compétents et de leurs créations.

Parce qu’un parfum qui se développe comme une fleur aux milles pétales et change d’heure en heure rend la balade exquise, vraiment, ce petit trésor de Byredo m’a conquise.

 

Byredo, à sentir et découvrir chez Kroonen & Brown
1996, mon précieux, acheté 116 euros les 50 ml (un seul format disponible)
Byredo en France, chez le Bon Marché rive gauche et chez Colette entre autres

L’histoire derrière 1996

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4 réponses à “« What’s that smell? » perfume, 1996 de Byredo

  1. Léo

    Je suis une grande fan de parfum, même si je n’y connais pas grand chose… J’adore ces senteurs que personne n’a, qui font parfois un peu violence ou qui nécessitent d’être apprivoisées pour être appréciées.
    Je ne connais pas la marque, je suis curieuse de découvrir ! J’ai envie d’aller promener mon nez près des flacons :O
    Moi je porte en alternance un matin d’orage d’annick goutal (l’eau de toilette quand je me sens énergique et pleine de bonne humeur, l’eau de parfum quand j’ai besoin de plus de douceur) et l’eau dans l’eau de dyptique (quand j’ai le monde contre moi et que je n’ai pas le droit de casser quelque chose. Un parfum de colère, ça a le mérite d’être original non ?). Un fleuri, un vanillé, un épicé, je divague entre les senteurs mais j’adore les trois.
    Rien ne me tape plus sur le système qu’avoir le même parfum que ma voisine/mon voisin (vive les parfums mixtes), et je trouve que ceux de parfumerie se ressemblent tous dans leur ennui.

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    1. Mona Auteur

      Ils sentent très très bon les parfums Byredo, je leur trouve un côté à part et qui colle bien à l’esthétique générale. En Parfumerie, c’est souvent la battle des odeurs qu’on sentira sur tout le monde dans le métro. Je passe mon chemin 😀

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