17 mai 2013

Ce que j’aime chez les gens que j’aime

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Je n’ai jamais fait la bise le soir aux gens de ma famille.

Plus qu’une question de principe, je me disais que puisque je les verrais le lendemain, à mon réveil, cela ferait une sorte de boucle qui ne se finirait jamais sur un au-revoir ou ne commencerait pas sur un bonjour, il y aurait ce retour éternel que rien ne briserait.

D’où mon inquiétude à chaque fois que j’allais à une pijama party, où la mère disait bonne nuit, à grands renforts de calins, d’histoire du soir et de bisou sur le front.
J’avais horreur qu’on soit tactile avec moi quand tout ce à quoi j’étais habituée incluait la distance.

C’est un comportement que j’ai qui se retranscrit assez fort dans mon attitude générale, qui donne souvent une impression d’indifférence alors qu’il s’agit plutôt de vivre ensemble un temps donné, en des places éloignées, mais toujours proches par le coeur.

 

Quand j’étais adolescente, dans la cour de récréation, j’évitais de faire le tour du groupe pour claquer la bise à chaque joue, j’avais mieux à faire.
Puisque de toute façon moi et mes amis avions décidé qu’on était un groupe inséparable, pourquoi se le prouver chaque jour ? Je prenais ça pour acquis, comme quelque chose d’immuable.

Je remarque souvent ces groupes de jeunes gens, bras-dessus bras-dessous, qui crient une famine sentimentale déchirante alors qu’ils sont collés-serrés à leurs copains.
Force est de constater que peu de gens comprennent un comportement qui exclue le contact permanent pour signifier qu’on EST proches, ou qu’on A BESOIN de l’autre,c’est la raison pour laquelle j’ai perdu pas mal d’amis à une époque.

 

Parce que je n’étais pas souvent là, qu’on me reprochait un manque d’implication amicale, qu’on disait de moi que j’étais froide.
C’était un ressenti légitime, mais il se reflétait à chaque fois chez un certain type de personne qui était plus habitué à FAIRE SES PREUVES, montrer à tout prix au monde entier qu’on aime quelqu’un, plutôt que d’être dans la retenue.

Du coup, les années ont passé et j’ai fait des choix.
J’ai appris à me dire que j’étais fondamentalement une handicapée des sentiments, et que si les gens voulait s’intéresser à moi, il leur faudrait faire avec moyennant concessions raisonnables.

 

On prend les gens comme ils sont, et même si on ne change pas leur nature, on peut toujours espérer l’améliorer.

 

Mes vrais amis, sont ceux qui ne me claquent pas la porte au nez quand on ne s’est plus parlé depuis cinq mois, ce sont ceux qui ne font pas d’une misère une histoire hystérique, ceux qui restent dans mon girond sans qu’on prenne forcément de nos nouvelles tous les deux jours, ceux que je retrouve souriants et qui parlent de tout et de rien, ceux qui me laissent ce sentiment de plénitude.

Parce qu’avec eux je connais ce même cycle éternel que quand je ne faisais pas la bise à mes parents, ni le matin, ni le soir, c’est comme une porte toujours ouverte sur une plaine où l’on se retrouve à l’occasion.

Ce que j’aime chez les gens que j’aime c’est leur façon de m’aimer, même si pour ma part, je ne leur montre pas assez.

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19 réponses à “Ce que j’aime chez les gens que j’aime

  1. Leanna

    Woh j’ai l’impression que c’est mon portrait que tu as dressé! On me reproche souvent de pas envoyer assez de textos, de pas prendre assez de nouvelles…Mais j’ai pas besoin de parler tous les jours à une personne pour me souvenir d’elle! et c’est par parce que je ne lui parle pas pendant une semaine que je l’ai oubliée ou que je ne l’aime plus… Mais il y a certaines personnes qui le prennent mal!

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  2. Fanny

    Moi qui suis plutôt tactile, d’une famille de « calineurs » je me retrouve pourtant bcp dans cet article…je ne crois pas non plus que ce soit les preuves physiques d’affection qui nous confère des amis ou plus exactement les amis qu’on souhaite avoir. Parce que pour moi un ami c’est qq. un a qui on n’a rien a prouver; on s’aime et c’est tout. Pas besoin de s’appeler tous les 2 jours pour s’assurer de l’amitié de qq´un. De tte façon j’en suis bien incapable trop de choses remplissent déjà mon quotidien ( boulot/bebe/famille/sport…) et parfois je suis bien trop fatiguée pour rester 30 mns au téléphone..Se retrouver le sourire aux lèvres quand on en a envie, sans rancœur ni pression, juste le bonheur de partager des moments avec les gens qu’on aime et qui nous aime vraiment..comme on est. Savoir qu’on sera tjs là sans avoir besoin de prouver pour convaincre.
    Je crois que tactiles ou non c’est surtout notre définition de l’amitié qui nous amène a faire « le tri » dans nos amis. Merci pour ton article 😉

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  3. Letipanda

    Je me reconnais parfaitement dans ce que tu écris. Même peut-être bien trop ^^. Ce comportement « froid et distant » qui ne l’est pourtant pas, permet à un moment de sa vie, de faire le vide et de se retrouver avec les « bonnes » personnes je crois, celles qui correspondent à notre identité. Celles qui tiennent vraiment à nous seront toujours là, et inversement.

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  4. Mary Fa

    J’étais comme ça avant, ça me saoulait tous ces contacts physiques « politiquement corrects », moi je n’arrivais pas à toucher les gens et j’aimais encore moins qu’on me touche ; j’estimais que c’était totalement superflu. Puis, par le hasard de la vie, j’ai côtoyé des personnes qui avaient un besoin vital du contact tactile, ne serait-ce qu’une main sur l’épaule. Et j’ai appris à savoir quand serrer des amis dans mes bras, quand leur faire la bise en mettant la main sur leur épaule, c’était très curieux au début parce que ce n’était pas moi, je me sentais gauche. Finalement, en ayant appris ça, je crois que j’arrive mieux à distinguer la personne qui en a besoin pour le « paraître », de la personne qui en a un réel besoin (et qui va pas te faire chier pour autant si tu ne le fais pas), du coup je me sens plus humaine, avec ces personnes, le contact est salutaire dans ce genre de cas de figure, et me fait du bien à moi aussi. Désolée pour ce commentaire un peu brouillon et qui va dans tous les sens, mais j’aurais du mal à mieux expliquer. Pour résumer, je me souviens de la première fois où j’ai pris quelqu’un dans mes bras et l’ai serré très fort parce que là, il le fallait vraiment, et ça a été une révélation dans mon rapport aux gens.

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  5. Fluffy

    tellement tellement d’accord. Je ne suis pas habitué à dire merci, bonjour, au revoir car ce sont des choses acquises dans ma famille. Évidement que quand je rend service à ma mère, le sourire qu’elle me fait veut dire merci mais pas besoin de le dire. pareil, je sais que quand elle me rend service c’est aussi une façon de me remercier de ce que j’ai déjà fait pour elle et vice versa. Les gens ont du mal à comprendre que je suis plus dans les actes que dans les mots.

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  6. Clara

    Cet article est vraiment beau et touchant!
    Mes parents m’ont toujours habituée à se faire un bisous pour tout : un merci, un pardon, au au-revoir, un bonjour, bonne nuit,… Quand j’étais petite, je le faisais, mais maintenant ça m’ennuie un peu, je trouve ça trop =$
    Sinon à l’école je faisais la bise à certains, pas tous! Et j’étais pas du genre à hurler comme une hystérique, même si ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vus, c’est quelque chose qui me met mal à l’aise. En couple pareil, quand je sais qu’on me regarde, je vais pas courir lui faire un énorme bisous, je garde ça pour l’intimité. Mais j’aime qu’on se prenne la main et soit bien ensemble devant les gens, pas pour leur prouver quelque chose, mais je n’ai rien à cacher non plus.
    A un moment je voulais avoir une grande bande d’amis, j’enviais les filles populaires qui étaient belles, se donnaient plein de surnoms affectifs, se prennaient dans les bras,… Puis je me suis rendu compte qu’elles se crachaient dessus dans le dos, n’étaient pas là quand une allait mal, répétait tout à tout le monde, parlait beaucoup et pensait peu, et je me suis sentie bien moi avec ma ou mes seules amies proches =)
    Mais c’est vrai que j’ai besoin qu’on me montre qu’on m’aime, pas en public non, mais en privé. Qu’on me prenne dans les bras,… =$

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  7. Viedefam

    Savoir accepter ce que l’on est c’est déjà le faire accepter aux autres … Chacune est comme elle est, unique mais avec les mêmes sentiments que tout être humain…. et c’est bien le passé et les expériences qui font qu’elle FAM nous sommes.
    Alors si vous désirez lire des histoires des FAM qui nous ressemblent, rejoignez moi également sur hellocoton ou sur mon blog viedefam.wordpress.com
    Bisous à toutes

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  8. Léo

    Haha okay, j’ai EXACTEMENT le même « comportement ». C’est bien prise de tête d’ailleurs, surtout du côté familial pour ma part.
    Ça fait mal d’entendre régulièrement se faire qualifier de personne hautaine, froide ou encore prétentieuse alors qu’on essaie de tout faire pour montrer qu’on les aime, mais sans effusions de « calinsbisousbisouscaressesjet’aime »…

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  9. Carole A.

    Hello Mona,
    bon, je vais pas faire dans l’originalité… comme les autres commentaire, je me reconnais totalement dans ce que tu écris. Je ne suis pas DU TOUT tactile, excepté avec mon copain (et futur mari =) ). Et je ne comprends pas les gens tactiles à tjs vouloir caresser les autres. Effectivement, on me reproche svt aussi ma distance, on dit même que je suis hautaine. Mais au final, ça me va =)
    Merci pr ton article, on se sent moins seule !
    La bisette !

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  10. Carlita

    Ouaaah, c’est de moi que tu parles là, non? Au lycée, quand il s’agit de faire la bise à trente personnes le matin et le soir, je dis « oh non, la flemme! » « j’ai le nez pris, je vooudrais pas te refiler mon rhume naissant! » mais en réalité, j’aime juste pas le contact avec les autres… Ce qui ne m’empêche pas d’avoir des amis! 😉

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  11. AnneJulie

    C’est fou comme j’aurais pu écrire cet article. C’est moi quoi, je suis pareil et j’ai eu quelques même situations, perdre quelques « amis », ne pas en voir certains pendant de très longs mois et que se soit comme si on ne s’était pas quittés quand l’on se revoit. Tout ça pour dire que je me retrouve dans ton article et qu’il est joliment écrit 🙂

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  12. Fanoo

    Je viens de découvrir ton blog. J’ai lu quelques articles, en me disant « tiens, elle me fait rire. Elle est pertinente ». Et puis, surtout, je me retrouvais un peu dans certaines lignes. Mais c’est cet article qui vient de me faire tomber amoureuse de ton blog et de ton écriture. Merci, parce que tu as écrit exactement ce que je ressens depuis toujours, et que je n’ai jamais réussi à expliquer à mes amis.

    Je lis beaucoup de blog beauté, et le tien est vraiment un coup de cœur comme je n’en ai pas eu depuis longtemps.

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