12 octobre 2016

De l’éthique, du bio et une marque

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PHB anti-aging cleanser
weeds

Il y a de cela deux ou trois ans, la virulente vague bio avait investi les sites, les magazines, les moutons dansaient sur les affiches placardées dans les bibliothèques, en tête de gondole dans les supermarchés on ne voyait que ça, des vaches qui broutaient l’herbe avec un slogan « choisissez bien, choisissez la poule nature ».

Parce que, jusqu’à présent, on s’enfilait des oeufs bioniques.

Le bio c’était chic, hype, personne ne comprenait grand chose au schmilblik, juste que ce n’était pas « cra-cra », et que, désormais, on pouvait faire un VRAI choix entre manger/se laver sainement ou bien se comporter comme une ordure polluante.

Le contraste entre ces deux possibilités ne vient pas de moi, c’est le mouvement de foule qui l’a créé.

 

Dégommant au passage le gris qu’on peut pourtant trouver au centre du noir et blanc, la tendance médiane qui prend un peu dans un panier, un peu dans l’autre et s’accommode du discours à la mode sans pour autant s’y plier.

Je fais totalement partie de ces centristes, ceux qui ne négocient pas avec ces gens qui ont des convictions, je veux qu’on me laisse choisir ce que je mets dans mes plats, sur mes cheveux. Et tant pis pour moi si mes croyances craignent, même si je sais que j’oublie au passage la vue d’ensemble.

Cette BIG PICTURE, pourtant non négligeable, qui touche aussi à l’environnement – ah le mot barbant.

On nous parle trop souvent du « faites-vous du bien » avant de nous parler de la planète – rah c’est bon, elles sont loin les usines à cra-cra, les discours écologiques des marques sont concentrés vers un égoïsme tout humain qui incite à ne se préoccuper que de soi et sa santé, alors que la goutte à l’origine de tout ce bazar médiatique était essentiellement…une idée/une approche contemporaine pour une survie – planétaire – dans les meilleures conditions possibles.

Entretenir l’extérieur – le cul des plantes – pour en bénéficier à l’intérieur – dans notre estomac.

 

Bref, dans nos flacons de beauté, chaque petite inflexion vers un monde plus sûr doit être reconnue – Michelle refuse, elle braille parce qu’il y a des parabens, alors que si elle se concentrait un peu, elle verrait du bio injecté par-ci-par-là. 

On ne peut décemment pas critiquer une marque qui fait des efforts – parce que ces changements coûtent de l’argent, et qu’elle engage une bonne partie de son futur dans un coup de poker marketing. Qu’à l’origine, le gars qui a bougé ses fesses pour clamer un matin, à la réunion d’entreprise « je veux qu’on  secoue notre popotin, on avancera petit à petit, mais on y gagnera sur le long terme » est un homme bien.

Parce qu’il est réaliste – qu’il a peut-être la trouille qui lui rétrécit la nouille – mais qu’il ose quand même.

Ce sont les petites choses qui tissent les étoffes les plus précieuses. Nous ne sommes pas TOUS révolutionnaires dans l’âme – sinon, à ce prix-là, on vivrait dans des maisons auto-suffisantes, avec un réseau de vente local, sans aucune envie d’expansion et, surtout, j’aurais lancé mon entreprise de découpe de bois en Suède. Mais je n’envoie pas tout bouler. J’ai des frais quotidiens, la vie coûte son prix, et j’ai un chien – ça mange, un chien.

Moi aussi d’ailleurs.

Du coup j’agis à mon niveau. J’essaie de moins jeter, de réutiliser, de mieux calculer mes besoins, de prendre des fruits et des légumes bios (je veux un potager maison dans l’absolu), je me déplace à vélo quand je peux, surtout quand je vais au boulot, je suis sensible aux cosmétiques naturels, ne bois quasi plus de lait de vache (vive le lait d’amande), je trie et je me renseigne un peu plus qu’avant.

 

Il reste juste le pan éthique. La souffrance.

Les bonnes conditions de production, la défense des animaux, des gens, de la nature, le soutien aux bonnes causes. Ce pan-là engage la personne dans un cheminement personnel parfois compliqué.

Une mère de famille qui achète du lait de vache bio est-elle tout de même un monstre ? Les gens qui ont moins de moyens doivent-ils s’appauvrir en consommant mieux ?

 

Je ne fais pas spécialement attention au petit lapin cruelty free, je l’avoue, je me dirige dans les rayons selon le principe du « plus le produit est brut, mieux c’est, et s’il a en plus un badge éco-friendly, je prends ».

Je ne me sens pas MAL quand je prends un pack de 12 oeufs sans certification « safe », je ne ressens pas l’organic-shaming quand j’aime un produit L’Oréal. Je n’ai pas un cerveau où des poussins à l’agonie pleurent quand j’alimente l’industrie traditionnelle, je m’habille chez Zara, j’adore les bottes en cuir. Je suis une goumiche de base en somme… mais qui ne s’en sent pas moins redevable envers les brins d’herbe devant chez elle.

Je fais REELLEMENT du mieux que je peux, à mon niveau, et me dis que la première phase d’un changement doit toujours passer par un espace de réflexion profond. On ne peut décemment pas changer du jour au lendemain sous prétexte que le commerce du coin surdose ses abeilles avec du sucre et que ça nous dépasse.

Ca doit peut-être venir de mon instinct de survie, cette envie irrésistible de ne pas monter des murs autour de moi pour mieux coller à une éthique de vie, je suis un peu claustro sur les bords, moi, j’ai besoin de liberté. Je ne nie pourtant pas les élevages intensifs ou les bêtes qu’on tue à la chaîne.

Je n’en suis simplement pas encore vraiment là.

 

Je sais juste que tout le monde arrivera, à un moment ou un autre, à décider d’une manière différente, à s’engager pour une valeur essentielle qu’on n’avait pas défendue avant. Me concernant, ça passe par les soins, par une balance que je m’étais créée qui a souvent tendance à pencher pour le naturel ces derniers temps (même si je ne renie rien aux avancées du chimique).

Juste parce qu’a-priori c’est plus safe.

Pour tout le monde. (Je parle de la manufacture, de la vente, du recyclage, de l’impact des déchets, pas du « c’est parce que c’est green que c’est forcément bon », non non, c’est faux.)

phb

Bref, tout ça a commencé avec un tube posé près de mon évier, avec un bunny sur la bouteille, la promesse d’une marque vegan-halal-cruelty free-sans produits chimiques- sulfates-phtalates et j’en passe.

Une marque concernée qui reverse 20% de son chiffre d’affaire à des oeuvres caritatives, garantit que tout a été fabriqué à la main et sans OGM. Une marque britannique qui s’appelle PHB Ethical Beauty, est née en 2012 et représente très bien mon double tranchant et ma volonté de poser un lego à la fois sur ma tour.

Au niveau de la composition, ce nettoyant-ci est vraiment pas mal et il laisse la peau ultra douce quand je l’utilise avec ma foreo. Mais on le choisit surtout parce que celle qui a créé cette entreprise a tout compris, et que, si on pouvait déjà se nettoyer le minois avec un cleanser responsable, le monde se porterait un chouilla mieux.

Et t’avoueras qu’une chtouille, c’est toujours mieux que nada.

 

Des bisous les Caribous !
anti- aging cleanser PHB ethical Beauty, acheté sur Love Lula

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2 réponses à “De l’éthique, du bio et une marque

  1. Mary

    Ta réflexion me fait penser à cette vidéo que je viens de voir, que je trouve très juste. Pourquoi le plus intolérant gagne toujours, la règle de la minorité, l’intransigeance. On ne change pas le monde avec des « de temps en temps » ou « à moitié ». Mais les discours moralisateurs ne font pas du tout changer les gens, au contraire, ça les stress et ils retournent directement dans le comportement qui les rassure.
    https://www.youtube.com/watch?v=0HqaAyfEVaI
    Je te conseille vivement si tu ne l’as pas déjà vue.

    Je suis très informée mais je n’ai pas beaucoup fait changer mon comportement en conséquence (quelques choses, donc mieux que rien). 🙁 Donc je viens pas du tout commenter en donneuse de leçon ou exemple.

    Par contre pour les cosmétiques je suis au tout bio, ca a pris du temps et quelques retour en arrière, mais là jy suis tout simplement car j’ai trouvé tous les produits dont j’ai « besoin » qui sont tops, pas trop cher (même pas cher du tout pour la plupart) et me conviennent parfaitement. En fait, c’était pas le but de ma démarche à la base, mais je suis au bio parce que c’est ce qu’il y a de mieux. Comme quoi. Les cheveux c’est le jour et la nuit, les produits pour la peau sans silicone me soignent bien mieux la peau, j’ai pu dire adieu à mes petites plaques d’eczéma sur les mains…

    C’est chez toi que j’ai découvert mes crèmes préférées, Jonzac et Cîme. Alors merci <3

    Mona, si tu dois t'acheter une crème visage, essaies Cîme, vraiment. Une dinguerie. J'ai jamais vu passer le sérum ou les crèmes sur ton blog. Si c'était chez Lancôme ils vendrait ça 80€. Tellement luxueux, les odeurs, les textures, et tellement efficace. Pour 30€ max. J'ai Under The Skin, répare et nourrit tout en étant très fin et pas comedogène (je me traine encore un peu d'acné hormonale, sur peau sèche – pas chercher). Sent extrêmement bon, mais pas trop fort. C'est ma première crème parfumée depuis 250 tubes de Jonzac pour peau réactive et je le vis bien. Tout est bio et vegan, pour rester dans le sujet. Ah, et les packagings sont de plus en plus beau, tu ne trouves pas? Je ne suis pas payée pour dire ca … lol. Jusque là j'avais le sérum à la rose et rose musqué, c'est mon deuxième flacon.

    Bravo d'avoir lu tout ce commentaire fleuve / 3615 (j'étais inspirée) 😀
    Bises

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    1. Mona Auteur

      mais soooois inspirée ! 😀 J’ai tout lu, j’ai même été regarder ta vidéo, et puis encore d’autre sur sa chaîne, c’était très intéressant 🙂 Concernant Cîme, je testerai under my skin quand il fera encore un chouilla plus froid, histoire que cela soit cohérent. mais je te comprends, elle est vraiment bien cette marque (j’adore la lotion micellaire rosée des roses perso <3)

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