6 février 2013

Le zeste du jour : la crise de la valdingue

C’est dingue ce que ça émoustille, ça traverse mon pied comme ça, un matin, et ça remonte jusqu’à mes coudes, mes épaules, mon cerveau.

D’un coup, d’un seul, je suis énervée, secouée de la tête aux pieds.

http://rosecocoon.be/wp-content/uploads/2013/02/Cheshire_Cat_KHREC.png

Ce genre de journée, c’est le genre que j’aimerais fuir mais tout le monde sait bien que les sans-joie-sans-peine-days sont des jours qui n’en finissent pas d’accumuler leur lot d’idiotie.

Au début, je me prends un clou du parquet.

Ca paraît idiot, il dépasse depuis qu’on a emménagé dans l’appartement, mais aujourd’hui, mon pied a décidé de prendre chaque virage sur la pointe, ce qui fait qu’au bout de dix passages je rumine, mais le clou reste figé.

Puis c’est au tour du wifi de monter un spectacle, il buggue.

J’essaye de capter tant bien que mal, je m’assois, me relève pour aller me faire couler un café pendant qu’une vidéo de 3mn30 charge sur mon ordinateur. (Dans mon monde, rien sous les cinq minutes ne mets autant de temps à charger)

Je me reprends le clou, je râle.

 

Comme c’est trop bête de s’arrêter sur une si bonne lancée, je décide de faire scandale au téléphone.

Parce que Nature & Découvertes, c’est surtout la jungle et le chaos d’une route mal éclairée, et qu’après trois semaines d’attente pour un globe de remplacement pour mon diffuseur d’huiles essentielles, je me dis que j’aurais eu le temps de me faire livrer un éléphant du Katmandou avec fanfreluches sur les patounes et clochette au bout de la trompe. (Dumbo, je t’aime)

L’homme qui me répond a l’air hagard de la langue (à mon avis c’est possible), il traîne du verbe, me répond qu’il va chercher, « pour voir si mon bon de commande est toujours-là ». A ce moment là, ma langue à moi à déjà fait 8 tours et ricoche un peu trop sur mes dents pour décocher une flèche de haine.

Cinq minutes supplémentaires d’attente au téléphone.

Il me dit qu’il me prépare le globe d’une autre cliente parce qu’elle n’est pas venue le chercher. Donc en plus de me donner les restes, on me fait passer pour une rapia.

Ma vie est incroyable.

 

A midi, je décide d’aller dans une parfumerie aider ma soeur à choisir un parfum.

La vendeuse est gentille puis commence à lentement dévaler sur la pente de « je fais ma crise de la ménopause pendant que tu me causes » parce qu’on ne parvient pas à trouver une fragrance convenable.

Après un long débat sur le fleuri pas fleuri, et le fruité qui grimpe dans les narines, on décide de retourner à l’air libre se mêler au peuple et oublier l’agacement.

Je fais valdinguer mon chien, il passe lui aussi une journée de merde à tenter le côté gauche du trottoir puis le droit tout en déroulant ses cinq mètres de laisse, obligeant les passants à grommeler et moi à faire du grommelage intense en retour pour leur faire entendre que : je laisse la liberté à mon chihuahua de marquer son territoire comme un grand, et que si madame bigoudi veut se plaindre, elle a qu’à se dandiner de l’autre côté de la rue.

Passe une heure, rien ne change.

 

Je prends les transports pour me rendre en ville.

Chez Nature & Découvertes je zoome sur le mâle que j’ai eu au bout du fil.

Il me sort un globe emballé dans un bête papier bulle, sur le ton d’un « voilà » un peu trop simple.

Je lui dis que je dois traverser Bruxelles et qu’il est hors de question que je paye pour une boule en verre ainsi protégée et donc potentiellement plus cassable que la moyenne des produits environnants.

Il rajoute deux couches de papier hyprafin vert par-dessus en me disant qu’il n’a pas de carton.

Dans un magasin. Il n’a pas de carton.

Pas de carton.

Right.

 

Je sors ma carte de banque pour en finir pendant que la vendeuse (déjà repérée lors de ma visite précédente, les yeux aussi vides que le néant) me demande pourquoi je fais ça.

Pourquoi je fais quoi ?

Je lui réponds à la limite de l’agacement qu’étant donné que j’achète un bien, je suppose qu’il faut que je le paye.

Elle bugue comme mon wifi.

L’homme me demande d’attendre pour valider mon achat, parce qu’il n’y a pas de code-barre.
Encore, je perds du temps.

 

Je commence à visualiser le bouchon qu’on pousse un peu trop loin, je vois les côtés qui se distendent, l’imminence de l’impact.
Puis je règle, et je pars.
Dans le bus, il y a des sièges à une place et demie. Comme des deux-places tronqués.

J’oublie qu’il ne faut jamais s’asseoir là, je le fais quand même, et me retrouve, un arrêt plus tard, avec une femme à la générosité aussi large que ses fesses qui me plaque contre la fenêtre.

Je m’obstine, je reste assise, en poussant un « oui mais bon » avec un air bien appuyé de sardine embêtée.
Mémé, mammie, je suis énervée.

Sa cuisse est collée contre la mienne sur une bonne trentaine de centimètres et je commence à comprendre pourquoi je rumine depuis la matinée.

Il y a trop d’intrusion dans ma petite bulle.
Ca se bouscule dans ma tête et tout ce qui m’entoure chamboule mon ordre d’idée.
Je perds le fil, on coupe mon fil, la pelote s’emmêle, je trébuche, tout le monde s’en mêle.

 

Finalement, sur le pas de la porte on m’achève avec une histoire de (fond de) soupe que j’ai jeté la veille.

Alors, après deux heures d’agacement, je me dirige tout droit vers le clou, je décide que ça commence à bien faire et de sa mise à mort.
Je vais prendre des ciseaux dans la cuisine et l’extrais du sol dans une valdingue incroyable.

Direction poubelle.

Un emmerdeur en moins, un.

Continuez votre lecture
Caribouland
FacebooktwitterpinterestinstagramFacebooktwitterpinterestinstagram

7 réponses à “Le zeste du jour : la crise de la valdingue

  1. Wendy

    ce n’est pas son but mais ton article me fait rire, j’adore le ton sur lequel tu l’as écrit. Va te coucher tôt, demain sera une meilleure journée 😉

    Répondre
  2. Camille

    J’adore cet article. Libérateur.

    Pour toutes les journées pourries, les intrusions dans mon intimité, pour toutes les personnes qui me prennent de haut en pensant que j’ai tout mon temps, et que même si eux ne sont pas polis, bah ça se voit sur ma tete que je suis une gentille et que je ne dirais rien. Que j’encaisserais en silence, comme d’hab … pour tous les emmerdeurs, les gens méchants, les irritants etc … Ca a du être libérateur de le dégager ce clou. Vengeance!

    Répondre
  3. christelle

    Comme je me retrouve dans cet article !
    En plus suivant ton moral dans la journée, ça peut avoir un impact plus ou moins important ce genre d’interactions bizarres…

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *