18 mars 2017

Tous ces microbes sur ton corps, ou le mystère probiotique

Tu les vois toutes ces pubs qui suggèrent de s’empiffrer de yaourts parce que « hum, je suis ballonnée », « j’ai du mal à digérer », « je suis constipée comme une autoroute en pleine heure d’embout’s » ?

On nous a pas mal tartiné la mirette avec le fameux pouvoir des lactobacillus depuis des années, pour aider cette pauvre flore intestinale qui n’arrive plus bien à bosser et se met au ralenti quand on abuse des bonnes choses.

Tu m’étonnes, la tequila boom boom et les tortillas n’aident pas ton pauvre transit.

Petit à petit, on a commencé à voir éclore des marques qui prônaient une application journalière de ces bactéries…sur la peau. Est alors née la branche des cosmétiques probiotiques, une sorte d’individu à trois bosses qui fait croire au miracle, et permettrait de répondre à quasiment tous les maux de couenne.

Parce que, jusqu’à présent, on prenait le taureau par le mauvais bout de corne, apparemment.

 

Little explanation

Tu ne le sais peut-être pas, mais chaque jour où tu penses être seul dans ta salle de bain, tu ne l’es pas. Tu charries, sur ta peau, des millions de petites entités qui se côtoient gentiment en t’aidant à résister aux agents extérieurs, à repousser les infections et garantir un territoire sain.

Cette petite jungle personnelle, spécifique à chacun, s’appelle le microbiote (well, hello !). C’est un peu comme avoir sa propre team défense directement SUR SOI, qui sera toujours de ton côté et agira comme bouclier.

Par-dessous ça, en faisant un énorme raccourci, on a le film hydro-lipidique (FHL), ce fameux mélange de sueur et sébum, complexe de minéraux et éléments nécessaire à la survie de tout ce petit monde.

 

Le sur-nettoyage, le mauvais choix de produits d’hygiène, les lésions et un mauvais train de vie entament ce petit manteau douillet.

Altérer cette carapace, c’est devoir attendre au moins 2 heures pour qu’elle se rétablisse, on influe sur la qualité de ce mélange en surface d’épiderme et risque enfin de tomber dans le cercle vicieux du : j’ai la peau dégeulasse qui brille, je vais la poncer, tiens elle brille encore plus, je vais encore plus forcer. Bah merde y a des boutons partout maintenant, je vais y aller plus fort tiens, à la hache. Vive la décapitation, et qu’on en parle plus. 

Quand on vous dit NE TOUCHE PAS (trop) à ta peau, cela a à voir avec toute cette flore cutanée.

 

Il faut visualiser la peau comme un environnement dans lequel évoluent, naturellement, des microbes. Plein de microbes. Il y en a de bons, comme de mauvais, et un déséquilibre va entraîner, dans la majorité des cas, une de ces réactions : une baisse de qualité du minois, une inflammation soudaine, un visage bouffi, de l’acné, toutes ces choses peu ragoûtantes…qui se résoudraient par l’application à grande louche de lactobacillus.

En gros, va t’acheter du lactimel et laisse tout couler sur ton petit visage en hurlant de joie.

 

Leurs avantages en application externe

  • améliorent la production de collagène
  • permettent de renforcer la barrière naturelle de la peau en la stimulant
  • rééquilibrent certaines flores microbiennes endommagées
  • réduisent l’inflammation
  • augmentent la fermeté de la peau

 

Leurs inconvénients

  • ils sont compliqués à intégrer dans une formule (doit être sans conservateur selon sa forme, stable au chaud comme au froid)
  • difficulté élevée pour les garder « vivants »; certaines techniques sont utilisées
    1. La première consiste à « tuer » la bactérie pour recueillir le contenu de la cellule, qu’on appelle alors « extrait probiotique »

    2. la deuxième : on désactive la propriété de multiplication dans le processus de chauffage et refroidissement au moment de la préparation de la formule. Le probio ne peut plus vraiment modifier le microbiome, mais on garde quand même les bénéfices de base

    3. la troisième : des probiotiques vivants directement incorporés dans le flacon, sans conservateur, pour ne pas les détruire

  • le recul comme les études sont très peu fournies en informations quant à son application sur le visage

 

Esse Skincare

La marque testée pendant le mois passé a été Esse Skincare, spécialisée (à un différent niveau qu’Aurelia Probiotics) dans toute cette nouvelle « technologie » et son implication en cosmétique.

J’avais vu une conférence youtube par le fondateur de la marque et le bidule m’avait grandement intriguée.

D’abord parce qu’on a l’impression qu’on vient de nous révéler qu’en fin de compte, l’épiderme n’est pas grand chose si on ne prend pas en compte toutes ces petites entités vivantes qui se baladent incognito sur nous. Et qu’ensuite, la révolution épidermique commence « ici », aujourd’hui.

Comme si on débutait une nouvelle ère Couenne.

 

J’ai testé la crème hydro moisturiser pendant un mois, en l’appliquant chaque matin, profitant de sa petite odeur de mousse au lait, elle s’étalait très bien mais laissait ce feeling un peu « collant sec » de certains hydratants cleans.

Dedans il y a :

De l’aloe vera (pas de l’eau, non non), de l’hv de jojoba (normalisante), du squalane végétal et de la glycérine (hydratants), de l’inuline et un oligosaccharide (PRE-biotiques, servent à nourrir les PRO-biotiques et assurer leur croissance), du lactobacillus (fameux probiotiques, sous forme « d’extrait probio » – voir cadre plus haut), de l’acide hyaluronique, deux antioxydants naturels, de l’anisate de sodium (antimicrobien, a du sens vu que les probiotiques ne sont pas en culture vivante dans cette formule), de l’huile de tournesol (drôle de place pour la mettre, mais why not), entre autres.

Aloe Barbadensis (Aloe Vera) Leaf Extract*, Simmondsia Chinensis (Jojoba) Seed Oil*, Squalane, Glyceryl Stearate Citrate, Glyceryl Stearate, Glycerin, Cetearyl Alcohol, Sodium Stearoyl Lactylate, Inulin, Alpha-Glucan Oligosaccharide, Lactobacillus, Dehydroxanthan Gum, Bisabolol, Sodium Phytate, Glyceryl Caprylate, Sodium Hyaluronate, Ascorbyl Palmitate, Tocopherol, Sodium Anisate, Helianthus Annuus (Sunflower) Seed Oil, Citric Acid, Lactic Acid, Levulinic Acid, Sodium Levulinate, Aqua, Vanillin, Gamma Decalactone. *ingredients from organic farming, 100% of the total ingredients are from Natural Origin, 78% of the total ingredients are from Organic Farming

100 % des ingrédients sont d’origine naturelle (n’oublie pas de lire cet article à ce sujet, cela ne veut pas dire que l’on garde TOUT sous sa forme initiale 😉 ), dont 78% issu d’agriculture biologique.

 

Très honnêtement, de mon point de vue, j’ai juste eu l’impression d’utiliser un simple soin qui sentait bon la crème de lait et rendait la peau bien hydratée – un peu cher donc, pour le résultat obtenu. Ceci étant dit, quand on regarde la liste, je la trouve plutôt pauvre en éléments repulpants et assouplissants – il ne faut pas oublier que l’aloe vera n’est pas un hydratant à la base, à moins d’y joindre une phase grasse. 

Donc, oui, peut-être que les petits microbes ont eu un effet sur la qualité de bouille, mais il me faudrait une version plus dosée pour être sûre de ma réponse.

 

Je laisse encore un point d’interrogation, même si en théorie, toute la science autour du microbiome humain (intestinal comme corporel) a du sens et sûrement un bel avenir devant elle.
J’attends juste que le sérum d’Esse avec des probiotiques VIVANTS dedans refasse surface sur Love Lula pour me le procurer.

A 90 pounds le flacon, y a bien intérêt à ce que cela fonctionne !

 

En tout cas, j’espère que tout mon charabia vulgarisé vous a permis d’y voir plus clair sur le sujet. Parce que de loin, dans ma caboche, j’avais l’impression de voir des vaudous s’agiter avec des crête de coq.

 

Des bisous les Caribous !
Esse Hydro Moisturiser, 45 euros / 50ml
Reçu sur demande

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