2 mai 2013

What makes people happy

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Quand j’étais petite, dans la cour d’école, a commencé à se développer la mode des yoyos.

Un gosse est arrivé un matin avec un engin tout rond qui filait du sol à sa main, de sa main au sol, tendu sur un fil qui le guidait dans sa course et l’envoyait valser en l’air.

On était déjà passés par les Tamagotchis et les Furbys, des jouets assez évolués pour l’époque, mais nous prenait alors l’envie de retourner à nos basiques, à des jeux qui avaient déjà fait leur preuve auprès d’autres générations de gamins.

Ainsi, en une semaine, nous nous étions tous retrouvés avec des yoyos au bout des doigts et ça nous rendait heureux comme des rois.

Le bonheur ça se cache un peu partout, dans le trou à l’intérieur d’une poche duquel on extrait un billet oublié, moi mes petits bonheurs se comptaient par milliers à ce moment-là et étaient empreints de simplicité.

J’allais à la chasse aux escargots dans le fin fond de la France, je mangeais des pizzas généreuses en Sardaigne au bord de la mer, je savourais l’odeur de l’herbe après la pluie, celle du gazon fraîchement coupé, je touchais les vêtements les plus doux d’un magasin, je marchais sur une dalle sur deux dans la rue.

 

Les moments de plaisirs changent avec les années, ça mature, ça prend une dimension plus sérieuse.

Maintenant que je suis jeune adulte, j’arrête de jouer avec le rouleau de papier toilette dans les WC, je n’aspire plus mes pâtes sauce tomate pour m’en mettre partout en public, je ne retiens plus les blagues, j’ai des soucis et des envies non réalisables.

D’où la petite frustration.

Je regarde l’enfant dans le tram qui mange un paquet de bonbons grand comme ça, sans se faire engueuler par une balance imaginaire, je râle parce que j’ai une trace de bic sur les mains alors que quand j’étais môme, je peinturlurais ma paume avec un magicolor noir sans que cela me pose un problème esthétique quelconque (puis, plus c’était moche plus c’était drôle).

J’éprouvais un plaisir indescriptible à construire une cachette dans les bois à douze ans, à rester sous la couette pour écouter Fun radio tard le soir, je cherchais des recettes pour devenir une sorcière et cela m’électrisait, convaincue que j’étais de pouvoir passer dans un autre monde grâce à un miroir bien orienté.

Alors, parfois, quand je me retrouve devant un donut bien gonflé de crème, je me fais une folie et brave l’interdit de la bienséance, je mord dedans et souffle avec mon nez pour faire voler le sucre glace.

Et toute prise dans mon nuage blanc, j’imagine la licorne qui m’attend pour me ramener chez moi, décorée de bouclettes rose et bleues et pimpante comme une Ferrari toute neuve.

Y a pas de mal à être grand, tant qu’on rêve encore un peu.

En tout cas moi, c’est ce qui fait mon bonheur.

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Caribouland
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22 réponses à “What makes people happy

  1. La Mouette

    Tu as bien raison de t’accorder des moments moins sérieux. Maintenant je n’ai plus le droit d’aller à la fac avec mes grenouilles dans un bocal ni ma famille d’escargots sur les bras, d’aller manger tous les fruits d’un buisson pendant une après-midi entière ou bien de jouer à la banquière assise par terre devant une boîte en carton, et c’est bien dommage.

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  2. Amandine

    J’adore ta manière d’écrire^^ t’es douée pour ça. Et oui, on est plus des enfants mais quelque part au fond de nous, on le reste quand même non?

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  3. Constance

    Tout à fait ma vision de la vie. Et malgré le côté « c’était tellement bien d’être plus jeune », c’est empreint de beaucoup de maturité quand même, je trouve ! 😉

    J’aime beaucoup ta façon d’écrire. Je ne passe pas tous les jours sur ton blog, mais à chaque fois que j’y viens, je dévore avec plaisir tous les articles que je n’ai pas lu…

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  4. Unseelie

    Je plussoie ton poste. J’adhère ( et j’adore… Il en va de soi) !

    Sinon…
    Bravo pour la comparaison de la licorne et la ferrari ! C’était magique… xB

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  5. ludivine

    On doit avoir à peu près le meme age, j’ai eu un furby, et un tamagochi, j’ai joué aux pogs, aux yoyos, et aux avions en papier.
    J’ai fait des patés de polen de platane, j’ai shoté dans les tas de leurs feuilles mortes en éternuant, j’ai mis des grattes cul dans le tee shirt des garçons, moi aussi j’adorais l’odeur de la pluie au printemps, et faisait des cabanes dans la coline.
    J’ai compté mes pommes noisettes pour ^^etre sur d’en avoir autant que mon cousin, j’ai écrasé des cailloux avec un marteau pendant des après midi entières pour en faire de la poudre magique, j’inventais des formules pour devenir Mary Poppins, j’étais agent secret avec des perles en plastique dans le double fond d’un sac, idienne avec mon arc, et ma flute de pan, et mon tipi bien sur, cuisinière en ramassant les pissenlit et les oignons sauvage dans mon jardin …
    Bref.
    C’est vrai qu’etre enfant c’est vraiment vraiment merveilleux, car tout est juste possible, tout est beau, féérique, on a des pouvoirs magiques de super héro quand on le veut, on est un bébé aux creux des bras de sa maman quand on le veut aussi…

    Grandir, c’est autre chose. Plus de liberté de mouvement, économique aussi, mais il faut vraiment entretenir tout au long des années qui passent cette liberté de l’enfance qui n’était que dans nos t^^tes et nos coeurs…

    Merci pour ce joli article qui m’a ramené plein de réminiscences…

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  6. Ellen A Paris (les Fleurs Rebelles)

    Hello Rose Cocoon,
    Ton joli texte m’a fait sourire parce que moi aussi je crois encore aux licornes 😉
    Même si j’ai fini par grandir,mûrir, prendre des responsabilités, etc.. j’ai besoin de garder cette part d’enfance pour respirer. J’aime manger les petits Oursons de Lu en croquant les bouts et la tête d’abord, j’aime manger des Percy pigs, et si j’avais un jardin j’aurais une cabane (en attendant mes orchidées font un peu cabane d’intérieur 😉
    Je te souhaite une belle refloraison pour ton mini Phal, Bisous et bon week-end

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  7. phaphe

    Je suis super émue par ton texte, tout est dit, avec une malicieuse justesse, qui donne vraiment envie d’en lire plus. Et aussi de se souvenir de tout ça. Je crois que je vais faire une petite liste des choses que j’ai aimé faire quand j’étais gamine. Un bonheur du vendredi soir, merci pour ça !

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  8. Clara

    J’adore, merci pour ce moment retour en enfance ^_^
    Ma maman m’avait fait croire que mon signe chinois était la licorne, je disais à tout le monde que j’étais peau rouge (parce que j’ai du sang indigène), je rigolais et parlais fort, n’avait peur de rien, je critiquais tout sans gène, je disais ce que je pensais sans souci, j’avais confiance en moi et aimais la vie, mes parents étaient ensemble, j’avais ma meilleure amie de l’univers et pour la vie, on s’était coupé une mèche comme dans A nous quatre, j’imaginais le Petit Prince là-haut sur sa planète, je parlais à mon marsupilami persuadée qu’il était vivant mais qu’il faisant semblant devant moi d’être qu’une peluche, je voulais être une sirène comme Ariel,…

    Maintenant j’ai moins confiance en moi, m’inquiète trop de ce que pensent les autres de moi, je suis très angoissée, j’ai beaucoup de migraines, ma peau me fait des misères, je ne supporte plus mes cuisses, j’ai toujours peur du noir et ai des petites étoiles phosphorescentes dans ma chambre, j’ai toujours mon marsupilami depuis mes 3 ans, j’ai le vertige,…

    Beaucoup de choses ont changé… J’ai 22 ans mais je me sens toujours enfant et ne veut pas perdre ça!

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  9. Odile Sacoche

    Ah ma belle qu’il est beau ton article.
    J’essaye de garder au max mon âme d’enfant. Il réside dans mes Kinder Surprise, mes Capri Sun et mes petits gri-gri inutiles. Mais oooh, mais aaaah devant des petits chats ridicules. J’aime manger un éclair au chocolat en commençant par les bouts, ou me mettre à danser la musique à fond quand je suis toute seule.

    Mais c’est vrai que la réalité et les responsabilités nous rattrapent vite, et que je me dis qu’il me manque le temps de l’insouciance, à économiser 500 FB pour s’acheter une nouvelle barbie, jouer avec tout l’été et pleurer parce que son grand frère nous a dit qu’elle était vilaine.

    Tu as raison.
    Soufflons sur le donut.

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  10. Marion

    Je viens de découvrir ton blog et j’en suis très heureuse car je trouve qu’il est vraiment super!
    Tu écris vraiment bien et j’adore te lire, du coup, moi qui suis en train de refaire ma blogroll, je vais t’y ajouter 😀
    J’ai tellement l’impression de me retrouver dans cet article que je ne pouvais pas ne pas laisser de message!

    Belle journée.

    M.

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  11. Anouk

    Merci de nous rappeler ce qu’est le bonheur simple. Pour ma part, je me sens encore comme une enfant et je fais tout mon possible pour garder cette belle âme ! Merci

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  12. Chag

    Chouette blog, et chouette article ! Il y a du Prévert dans tout ça, et aussi du Kinder Surprise à monter tout seul.

    Je suis un peu plus vieille que toi, mais je me retrouve totalement dans ton billet. Je n’ai jamais quitté le monde pailleté de l’enfance, et je suis même devenue instit’. Mes amis et moi sommes de vrais « adulescents », on est de vrais gosses qui gérons les responsabilités d’adulte avec un certain détachement. On s’extasie encore sur les petites choses, on fête nos anniversaires avec des gâteaux en forme de princesse ou de Super Héros.

    J’ai deux enfants, et je crois que pour eux, c’est une grande chance d’avoir une maman qui se souvient encore du bonheur que c’est de sauter dans les flaques, de manger la Chantilly à même le pschitt, de faire des cabanes avec les chaises du salon et toutes les couettes de la maison. Hier, il faisait beau. Avec mon fils, on est allés s’acheter des pistolets à eau, et on a fait une bataille. Au bout de dix minutes, on était trempes comme des grenouilles et hilares, sous les yeux médusés des voisins.

    Ne perdez jamais votre âme d’enfant, elle ne vous empêchera jamais d’être un adulte pour de vrai.

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  13. BCASS

    Hey je viens de découvrir ton blog, je vais d’ailleurs m’empresser de le continuer!
    Ton article m’a fort touchée, et même inspirée pour en écrire un, si jamais le coeur t’en dis, tu peux aller y jeter un oeil (voir même les deux, au choix! )

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